Émile Zola

Campagne de financement participatif pour la restauration du fonds Zola
Émile
Zola
Naissance: 
1840
Paris
Décès: 
1902
Paris

Après une enfance passée à Aix-en-Provence, mène à Paris une jeunesse marquée par des difficultés financières, de solides amitiés, un emploi au service de publicité de la librairie Hachette, et une précoce vocation d’écrivain.
Il se fait connaître d’abord comme journaliste littéraire et artistique, puis comme journaliste politique. A travers des contes, et des romans qu’il publie sous forme de feuilleton dans les journaux, il acquiert une notoriété grandissante.
L’immense succès du roman l’Assommoir en 1877 lui apporte l’aisance matérielle et lui permet d’acheter la propriété de Médan. Ce livre s’inscrit dans la geste des Rougon-Macquart, une comédie humaine en vingt romans où s’affirment ses idées et son esthétique de maître du naturalisme.
Avec sa femme Alexandrine, grand soutien pendant ses années difficiles, il ne peut avoir d’enfants. Jeanne, une jeune lingère avec laquelle il vit une grande passion à partir de 1888, comble ce manque : deux enfants, Denise et Jacques, naissent de cet amour. Mais Zola n’abandonnera jamais sa femme et mènera jusqu’à sa mort une sorte de double-vie.
Son engagement dans l’affaire Dreyfus, la publication de l’article « J’accuse…! » en 1898, lui valent une condamnation pénale, et il s’exile pendant un an en Angleterre pour échapper à la prison.
Dans la dernière décennie de sa vie, Zola découvre la pratique photographique, à laquelle il s’adonne avec enthousiasme et talent, et qui ajoute une nouvelle dimension d’homme d’image à sa personnalité d’homme de mots. Il meurt asphyxié en 1902 dans son appartement parisien, dans des circonstances jamais complètement élucidées. L’écrivain Anatole France aura cette formule, au moment de ses funérailles : « Il fut un moment de la conscience humaine. »

Le fonds Zola à la MAP

Emile Zola s’est initié sur le tard à la photographie. Il la pratique avec ferveur de 1894 à sa mort, en 1902, expérimentant divers appareils, diverses techniques de prise de vue et de tirage, et réalisant des milliers de clichés où s’affirment son sens de la lumière, son talent d’observateur et sa sensibilité d’artiste. Si la thématique intimiste domine ce corpus d’images – ses enfants Denise et Jacques, et surtout leur mère Jeanne, sont ses sujets favoris – il se fait aussi photographe-paysagiste dans la campagne de Verneuil et de Médan, touriste-photographe en Angleterre où il s’exile en 1898-1899, et reporter-photographe pendant l’exposition universelle de Paris en 1900.

En 2017, la MAP a acquis en vente publique plus de 2000 plaques de verre, soit la totalité de ce qui subsistait, dans la descendance familiale, des négatifs réalisés par Zola et quelques personnes de son entourage. Une partie de ces photographies – les trois-quarts environ – a pu être conditionnée, légendée, numérisée, et est actuellement en ligne sur Mémoire, la base de données de la MAP. Mais un peu plus de 500 négatifs, qui présentaient des décollements ou des éclatements d’image, nécessitaient une restauration avant d’être numérisés. La campagne de mécénat participatif lancée par la MAP fin 2019 sur la plateforme Commeon pour financer cette restauration a été un véritable succès, puisqu’elle a permis de recueillir plus du double de la somme demandée. Les négatifs abîmés ont été restaurés entre décembre 2019 et février 2020, et leur numérisation s’est achevée tout récemment. Cet ensemble inédit, complétant les images déjà visibles, sera bientôt consultable sur Mémoire.

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