Jean Pottier, quartier de la Villeneuve

Jean Pottier, quartier de la Villeneuve

Jean Pottier, quartier de la Villeneuve

Origine et date: 
Le quartier de la Villeneuve à Grenoble en 1974
Artiste(s): 
1932
Courbevoie

Né en 1932 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Jean Pottier suit une formation d'ingénieur qui l'amène à travailler dans l'industrie aéronautique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Au milieu des années 1950,il commence à photographier son environnement. L'une de ses premières séries est consacrée aux habitats insalubres du bidonville de Nanterre dans lequel vivent encore, au milieu des années 1950, de nombreuses familles n'ayant pu être reloger après-guerre.
Un ami lui permet de réaliser ses premières photographies pour le magazine Panorama Chrétien. Proche du mouvement des jeunesses ouvrières chrétiennes, Jean Pottier devient photo-journaliste pigiste. De 1957 à 2005, il est le photographe de nombreux journaux et magazines comme Panorama Chrétien, le Nouvel Observateur ou encore les revues de la CFDT. Au milieu des années 1960, il devient l'un des fondateurs de la section des photo-journalistes pigiste du même syndicat. Rapidement, les sujets sociaux et le monde du travail deviennent le cœur de son activité photographique. Proche des architectes et urbanistes Claude Parent et Paul Virilio, fondateurs du groupe Architecture Principe, son regard se porte alors sur la vie dans les grands ensembles qui se sont élevés à la périphérie des grandes villes pendant les Trente glorieuses.

En 1974, à l’initiative de l’Ajibat, collectif de journalistes œuvrant sur les thématiques du logement, il se rend à Grenoble pour photographier le quartier de la Villeneuve conçu par Valère Novarina. Le nouvel ensemble d’immeubles se peuple peu à peu. Jean Pottier se fait ici l’observateur d’une vie qui se se construit portant son appareil sur les circulations dans la ville nouvelle ou sur les équipements (théâtre, médiathèque, crèche ou collège) qui permettent au fur et à mesure où les habitants s’approprient l’espace de faire vivre le lieu. Le radeau d’un enfant au milieu de ces immenses tours peut être lu comme le symbole d’une vie qui s’infiltre dans le béton des cités. Ce regard, plein d’espoir sur l’urbanisation française des années 1960-1970 sera largement tempéré par Jean Pottier au cours des années 1990-2000 et de ses dernières séries de photographies.

Matthieu Rivallin, avril 2020.