Listes des MH avant 1913

Les listes de Monuments historiques avant 1913


En

, la Commission des Monuments historiques publie, annexée à son rapport au ministre de l'Intérieur, une liste de 1090 « monuments pour lesquels des secours ont été demandés et que la Commission a jugés dignes d'intérêt ». Elle en renouvelle la publication, augmentée, en . Le nombre de classements progresse rapidement : il atteint 2800 en 1848 et 3000 en 1849. La polémique s'engage de savoir s'il faut classer en masse ou être plus sélectif. Certains, comme Mérimée ou Viollet-le-Duc, privilégient les « monuments-types », c'est-à-dire les prototypes et exemples les plus aboutis de chaque style ou de chaque école. En et , de nouvelles listes, sérieusement révisées selon ces principes, sont officiellement publiées : elles ne comptent plus que 1838 monuments classés pour la première et 1893 pour la seconde. Elles sont accompagnées d'une note d'orientation générale et des circulaires publiées depuis 1832.

La

fixe les procédures de classement et de déclassement qui doivent désormais faire l'objet d'un arrêté. Elle est accompagnée d'une liste qui répartit les édifices en trois catégories : monuments mégalithiques, monuments antiques, monuments du Moyen Âge, de la Renaissance et des Temps modernes. Une quatrième catégorie, celle des monuments arabes, est spécifique aux départements d'Algérie. Les listes suivantes reprennent cette organisation. Celle de 1889 paraît à la suite du décret du 3 janvier de cette année-là qui fixe les attributions et l'organisation de la Commission des Monuments historiques. Si celle de compte 2646 classements, celle de 1910 bondit à 3352 édifices protégés en raison de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Il devient en effet nécessaire de substituer les Monuments historiques au service des Cultes pour assurer la protection et l'entretien de certaines églises importantes. Entre 1910 et 1914, la campagne d'opinion de Maurice Barrès en faveur des églises de France entraîne quelque 1100 protections nouvelles. Elles sont intégrées à la liste des 4454 monuments publiée au Journal officiel du , en annexe de la loi du « relative aux Monuments historiques » qui établit de façon enfin pérenne la liste des édifices protégés. La loi du, suivie d'une liste publiée le , règle les contestations suscitées par les bâtiments protégés en Alsace-Moselle sous administration allemande entre 1870 et 1918.