Les fonds de la MPP
Retrouvez ici toutes les actualités concernant nos collections : numérisation, acquisition, donation.
Les objets
Négatif
1 500 nouvelles images de Willy Ronis sur POP
De nouvelles images de Willy Ronis viennent d’être mises en ligne. La donation, voulue dès 1983 par le photographe, est affectée depuis fin 2016 à la MAP. Les négatifs sont progressivement versés sur la base Mémoire : cette fois, ce sont l’ensemble des 6 x 6 cm publiés dans les quatre éditions de Belleville Ménilmontant et ses reportages de 1933 à avril 1946. On y retrouve ses premiers travaux spontanés alors qu’il travaillait au studio photo familial (des manifestations de gauche exclusivement, dont la fête de l’Humanité de 1934, à Garches) et sa première vraie commande pour le journal Regards en 1938 : la grève de l’usine Citroën. De retour à Paris après guerre, Willy Ronis s’investit pleinement dans le reportage, pour la SNCF sur le retour des prisonniers, ou pour Rapho, l’agence photographique qu’il intégra en mars 1946, avec un premier sujet sur les vitrines des Paris, de nouveaux approvisionnées. Découvrir les nouvelles images sur Mémoire
Diapositive
Les diapositives de Lucien Viguier sur POP
708 diapositives de Lucien Viguier (1912-1976) viennent d’être versées sur la base Mémoire. Le fonds de ce photographe parisien professionnel actif après la seconde guerre mondiale a fait l’objet en 2019 d’une donation à la MAP par Maryline Gonçalves Da Costa, amie des descendants de la femme de Lucien Viguier. On y retrouve des fêtes de villages, des scènes de la vie rurale ou de petits métiers, mais aussi des monuments. En savoir plus
Tirage photographique
Les photographies de Dolorès Marat sur POP
En 2020, Dolorès Marat a fait don à la MAP de ses archives et de nombreux tirages. Née en 1944, formée très tôt au métier dans une boutique de photographe, elle travailla ensuite pour le magazine Votre Beauté qu’elle accompagna dans son passage à la couleur. Sa découverte du procédé Fresson, en 1983, donna une orientation décisive à son œuvre d’auteur. Le tirage quadrichromique au charbon soutint son inlassable exploration des textures et des ambiances qu’elle poursuivit avec la mise au point d’une technique personnelle d’impressions pigmentaires sur papier japon. Les 255 photographies en ligne sur Mémoire couvrent les années 1980 à 2000 et sont autant d’invitations au voyage et à l’interprétation. Décourvir le fonds sur Mémoire
Négatif
Mise en ligne du fonds Georges Jouven sur POP
Georges Jouven, ACMH (1947-1979), avait fait don de ces archives, photographies et négatifs à la MAP en 1992. 1350 de ces derniers ont été mis en ligne. Ils illustrent son activité dans la circonscription de la Côte d’Or. Sont ainsi documentés les travaux ou fouilles menés sur les momuments majeurs ou mineurs de ce département que sont le Palais des Ducs de Bourgogne de Dijon, la crypte de l’abbaye Saint-Pierre de Flavigny, le dortoir de l’abbaye de Fontenay ou la Halle au grain de Nolay… Découvrir le fonds Jouven sur Mémoire
Album
Jean Laurent en Espagne
Biographie Jean Laurent est né le 23 juillet 1816 à Garchizy (Nièvre). Son premier contact avec l’Espagne semble remonter à 1845, année où il remporta une médaille lors de l’exposition industrielle de Madrid, qui récompensa sa production de papier et de carton. En 1848, il est recensé à Madrid et en 1849, il est inscrit sur les registres de l’ambassade de France comme résidant en Espagne. À cette époque, il était toujours fabricant de papier et résidait 5 de la Calle del Olivo. Jean Laurent ne retourna jamais en France, peut-être parce qu’en 1848, il avait refusé d’être enrôlé dans l’armée. Considéré dès lors comme déserteur, il se serait réfugié en Espagne, pays avec lequel la France n’avait pas d’accord d’extradition1. Laurent, qui a conservé la nationalité française, poursuivit sa carrière en Espagne jusqu’à sa mort le 24 novembre 1886. On ignore comment il se forma au métier de photographe, qu’il exerça à partir de 1855, année où il inventa un procédé de coloriage des épreuves photographiques. Fin 1856, il déménagea pour s’installer avec une équipe de plusieurs personnes dans un nouvel atelier situé au 39 de la Carrera de San Geronimo, au centre de Madrid. En 1857, il épousa Amalia Dailleneg, veuve Dosch, dont il adopta la fille, Catherine-Émilie. Il devint membre de la Société française de photographie (SFP) le 15 avril 1859, preuve qu’il n’avait pas coupé les ponts avec son pays natal. Portraitiste, il reçut des commandes de la cour dès 1857 et réalisa les premiers portraits de la reine et du roi d’Espagne en 1860, ainsi que des vues de fêtes officielles. Il publia, en 1861, le Catalogue des portraits vendus par la maison J. Laurent, photographe de S. M. la Reine. L’entreprise de Laurent était prospère, si bien qu’il put embaucher des assistants, tous français. À partir de 1860, il constitua un réseau de représentants à l’étranger, notamment à Londres et à Stuttgart. Un second catalogue, publié en 1863, propose huit cents photographies, parmi lesquelles des vues de villes, de monuments, d’ouvrages industriels, des reproductions d’œuvres d’art et des « types » espagnols. Laurent s’associa avec Martinez Sanchez en 1865 pour publier, en 1866, cinq albums photographiques sur les travaux publics, destinés à l’Exposition universelle de Paris de 1867. Ensemble, ils créèrent un nouveau procédé de tirage, le papier leptographique2, présenté en 1866 à la SFP. Laurent utilisait savamment la publicité et participa à plusieurs expositions qui lui permirent de faire connaître son atelier : exposition de la London Photographic Society en 1858, exposition universelle de Paris en 1867 et de Vienne en 1873. Il eut une adresse à Paris à partir de 1877, d’abord 27 puis 90 rue de Richelieu, et enfin 7 rue Drouot. C’est en 1879 qu’il publia son dernier catalogue. Intitulé Guide du touriste en Espagne et en Portugal ou itinéraire à travers ces pays au point de vue artistique, monumental et pittoresque, il se compose de deux parties : la première est un guide touristique rédigé par Alphonse Roswag, le gendre de Laurent, qui décrit les principaux monuments du pays ; la seconde est un catalogue de cinq mille images qui constitue une sorte de recueil des trésors artistiques espagnols. La première presse de phototypie fut introduite en Espagne en 1880 par la Maison Laurent, friande d’innovations techniques. Elle permit au photographe de diversifier sa production en publiant des cartes postales et des illustrations pour livres imprimés. Depuis 1882, Catherine Émilie détenait la totalité du capital de la société de Laurent, qui, à cette époque, s’était sans doute retiré des affaires. Le dernier reportage qu’il semble avoir réalisé porte sur l’ouverture de la ligne de chemin de fer de Asturias, Galice et León. En 1896, c’est sans doute sa fille qui publia après sa mort le dernier catalogue de l’atelier. L’offre était passée à vingt mille images, qui vont du format carte de visite (6 x 9 cm) au format 27 x 55 cm. Certaines photographies, bien qu’elles ne soient pas réalisées, par Laurent sont intégrées à son fonds. Les photographies de Laurent Elles s’adressaient à des touristes, des artistes, des historiens de l’art, des collectionneurs et des institutions publiques. Si la maison Laurent réalisa des portraits au format carte de visite, « corps entier, mi-corps ou buste », c’est dans le domaine de la photographie d’architecture qu’elle excella. Les vues de ville sont également nombreuses et spectaculaires. Elles se présentent souvent sous forme de panoramas composés de plusieurs tirages juxtaposés. Certains objets ou éléments de sculpture architecturale sont photographiés avec une règle graduée qui permet d’indiquer leurs dimensions. Ces images s’adressaient probablement à un public très averti d’historiens de l’art. On est frappé de constater que les légendes sont souvent très détaillées. Les dates des expositions dans lesquelles certains tableaux photographiés ont été présentés sont par exemple indiquées. La plupart des vues portent la mention « J. Laurent. Madrid. » ou « J. Laurent y Cia. Madrid. Es propriedad. Déposé ». Les légendes sont en espagnol, sauf pour les photographies reproduisant des œuvres d’art dont les descriptions sont en français, langue de communication et de culture qui permettait une large diffusion de ces images. Les prises de vues de Laurent furent réalisées dans un contexte social et politique troublé absent de ses photographies. La deuxième guerre carliste s’acheva en 1849, peu avant l’arrivée de Laurent. En 1868, la reine Isabel II fut détrônée et remplacée, en 1871, par Amédée de Savoie avant l’instauration de la Première République. En 1872, ce fut le début de la troisième guerre carliste, qui s’acheva par la constitution espagnole de 1876. Si la plupart des photographies de Laurent présentent l’Espagne comme un pays de culture et de tradition, certaines d’entre elles témoignent aussi de l’activité industrielle du pays avec des vues de ponts de chemin de fer, de carrières, de mines et d’entreprises. Le fonds photographique Laurent Le fonds Laurent estimé à vingt mille plaques de verre, fut vendu en 1899 par la fille de Laurent au photographe Jean Lacoste qui poursuivit les séries de vues d’Espagne. Juana Roig Villalonga, qui lui succéda, développa aussi la collection avant de la céder à Joaquin Ruiz Vernaci père et fils, qui vendirent le fonds à l’État espagnol en 1975. Il est aujourd’hui conservé à l’Instituto del Patrimonio cultural de España à Madrid. La MAP conserve un ensemble très important de tirages photographiques de Jean Laurent qui provient du musée de Sculpture comparé, actuel musée des Monuments français. C’est Adolphe Giraudon, un des principaux diffuseurs des photographies de Laurent en France qui, en 1898, remit au musée vingt-sept albums photographiques portant sur l’Espagne. Ils contiennent 2 383 vues. Un album de quatre-vingt-seize vues prises au Portugal, également acquis auprès de Giraudon, compléta la collection en 1901. Ces vingt-huit albums comportent soixante-dix-sept panoramas dont le plus long, une vue de Séville composée de sept tirages, mesure près de 2,65 m. L’ensemble des tirages conservés dans ces albums a été restauré en 2020-2021 par Lionel Riess. La MAP conserve par ailleurs un important fonds de photographies prises en Espagne au 19e et au début du 20e siècles dont l’inventaire reste à faire. D’autres tirages photographiques de Jean Laurent y sont conservés. Isabelle Gui pour la MAP avril 2021 1 Helena Perez Gallardo, Jean Laurent : a photographer and his firm (1816-1886), p. 299. 2 Méthode d’impression sur une couche sensibilisée mince. → Découvrir le fonds Jean Laurent sur Mémoire Sources Maynés Tolosa, Pau, Jean Laurent et le papier leptographique : traitement d’œuvres des collections de la Société française de photographie et de l’École nationale des Ponts et chaussée, mémoire de diplôme, École nationale du Patrimoine, Institut de formation des restaurateurs d’art, section photographie, session de septembre 2000, 242 p. Gamiz Gordo, Antonio et Munoz Rodriguez, Antonio, J. Laurent’s photographs of Vejer (1867 et 1879) : a critical study. Perez Gallardo, Helena, Jean Laurent : a photographer and his firm (1816-1886). Le Pelley Fonteny, Monique, Adolphe et Georges Giraudon : une bibliothèque photographique, Paris, Somogy, Archives départementales du Cher, 2005, p. 135-136. Exposition La España de Laurent (1856-1886) : un paseo fotografico por la historia, Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, Madrid, 20-décembre 2018-3 mars 2019. Catalogue des négatifs conservés par l’Instituto del Patrimonio Cultural de España
Tirage photographique
Un ensemble de photomontages de vitraux de Rouen et Colmar numérisés et consultables sur POP
Une cinquantaine de photomontages de vitraux de Rouen et Colmar sont consultables sur POP.
Dès 1909 Franz Marcou (1860-1932), inspecteur général et membre de la Commission des Monuments historiques, propose de réaliser un répertoire des vitraux. Pour chaque église un plan indiquerait leur emplacement, les verrières seraient décrites et photographiées et des dessins permettraient de situer chaque panneau. La mise en place d’une méthode de travail largement inspirée des préconisations de Marcou est adoptée au lendemain de la Première Guerre mondiale durant laquelle bon nombre de vitraux ont disparu. Les verrières sont désormais photographiées au 1/10e avant et après restauration et les tirages produits sont assemblés pour composer des photomontages. Cent ans après leur confection cinquante-cinq de ces pièces concernant principalement des églises de Rouen mais aussi de Colmar, viennent d’être restaurées et conditionnées. Ce travail a été complété par des reproductions photographiques mises en ligne sur la base Mémoire. Ces photomontages font partie d’un vaste ensemble d’archives et de documents iconographiques portant sur le vitrail que la MAP ne cesse d’enrichir. Voir les montages sur POP
Négatif original
Mise en ligne du fonds Moreau
Achetée en 1951, la collection L. Moreau, constituée entre 1884 et 1933 de près de 7 000 négatifs inventoriés sous la cote 45F, est en cours de versement sur Mémoire.
Description du fonds Au sein de la catégorie « Beaux-Arts », le fonds L. Moreau appartient à la sous-catégorie « Fonds d’éditeurs et d’agences photographiques ». Il s’agit d’un fonds de photos d’œuvres d’art (peinture, dessin, sculpture, arts décoratifs : prises de vue effectuées dans des musées, des collections privées, chez des antiquaires ou à l’occasion d’expositions) et de photos d’édifices (extérieur et décor intérieur). Il complète par sa thématique la documentation photographique des fonds Beaux-arts et, dans une moindre mesure, celle des fonds MH. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur Moreau et son atelier photographique : ses dates de naissance et de mort nous sont actuellement inconnues. Le « répertoire des photographes de France au 19e siècle » par J.-M. Voignier, mentionne la maison MOREAU frères : photographes à Paris, 21 rue du Faubourg Saint-Jacques, puis 21 rue de Tournon. Les publicités et documents à en-tête présents dans notre dossier Moreau indiquent : L. Moreau, artisan – Ancienne maison Moreau frères fondée en 1884 – spécialité de photographies de tableaux, d'objets d'art et d'ameublement pour ouvrages d'art, catalogues, etc. – prise de clichés en ville et en province. Moreau travaillait à la commande, celles-ci pouvant émaner d’institutions publiques ou de commanditaires privés. Nous ignorons les commanditaires des photos. Les dates de prise de vue sont généralement inconnues, sauf dans le cas d’expositions temporaires. Moreau a exercé son activité de photographe des années 1890 aux années 1920-1930, avant de vendre son fonds de négatifs aux Archives photographiques. Parmi les sujets les plus intéressants du fonds Moreau : les décors intérieurs de certains édifices civils ou hôtels particuliers, photographiés dans les années 1890-1915, qui ont été profondément restaurés, remaniés, depuis cette époque, ou qui ont même disparu. Historique de l’entrée dans nos collections Moreau a proposé ses photos aux Archives photographiques dès 1933. En 1935, dans un courrier au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-arts, la directrice des Archives photographiques, Laure Albin-Guillot, jugeait que la collection Moreau « de monuments et objets d’art historiques » était du plus haut intérêt. Des courriers témoignent d’échanges qui ont eu lieu entre les AP, le Ministère et Moreau, pendant de nombreuses années, le photographe demandant un prix très supérieur à ce que le Ministère était disposé à payer. Cette correspondance se poursuit au moins jusqu’en 1942 ; un dernier courrier semble daté de 1951. Numérisation et mise en ligne Une première partie du fonds, coté de 45F000001 à 45F000945, a été versé sur Mémoire en 2019. Cet ensemble correspond à l’exposition rétrospective de l’art français des origines à 1800 (Petit Palais), et à l’exposition centennale de l’art français, de 1800 à 1889 (Grand Palais), ces deux présentations ayant eu lieu pendant l’exposition universelle de 1900. Une seconde partie du fonds vient d'être versée, au début du mois de février 2021. Sans cohérence particulière, ces 1733 images, cotées 45F000946 à 45F002792 présentent des séries et des commandes très différentes. Quelques vues des expositions universelles parisiennes (1889 et 1900) ; La série des bustes et statues d’acteurs et auteurs dramatiques exposés à la Comédie-Française, qui s’ajoute à la série plus importante et plus complète des mêmes bustes photographiés par l’atelier Nadar vers 1870 ; Le décor peint du Cabinet des Fables, attribué à Jean-Baptiste Oudry, photographié par Moreau quand il ornait encore les salons de l’hôtel de Villemaré (Paris, place Vendôme). Démonté en 1898, il est actuellement conservé au musée des arts décoratifs de Paris ; Un riche ensemble de décors intérieurs (consultables en interrogeant dans le champ Titre série : « Architecture, décor et ameublement des grandes demeures »), par exemple : l’hôtel de Soubise, le château de Versailles, le château de Fontainebleau, certains hôtels de la place Vendôme, plusieurs hôtels de l’ancien Faubourg Saint-Germain, le château de Grosbois à Boissy-Saint-Léger ; Des statues parisiennes, qui ornaient certaines places et carrefours, et ont été détruites pendant la seconde guerre mondiale (statue de Voltaire, Berlioz, Lamartine, Claude Bernard, Paul Broca…) ; Des édifices pour lesquels nous n’avons, en dehors des négatifs de Moreau, que peu ou pas de documentation photographique : le château du Francport à Choisy-au-bac (extérieur et intérieur), le château de Brienne-le-Château (le fonds Moreau propose une centaine de photos de son décor intérieur avant son démeublement en 1931) ; Le château de Courtanvaux à Bessé-sur-Braye, pour lequel le fonds Moreau complète les photos de Lemaire ; Le service du Grand Vermeil de l’Empereur conservé au musée de Fontainebleau ; Les détails de la frise « L’Histoire de l’Art » en grès cérame réalisée par la manufacture de Sèvres pour le Grand Palais ; Des vues des salles du département des objets d’art du musée du Louvre. La suite du fonds est actuellement en cours de traitement. Bruno Martin pour la MPP Février 2021 LE FONDS MOREAU SUR MÉMOIRE
Diapositive
La photothèque des VMF en ligne sur POP
Donné à la MAP en 2018, le fonds de diapositives couleur de l’association des Vieilles Maisons françaises (VMF) a été partiellement mis en ligne : 5 973 vues prises entre 1980 et 2006 et ayant servi à illustrer la revue de l’association sont désormais consultables sur Mémoire.
Le fonds VMF a été donné à la MAP en 2018 par l'association Vieilles Maisons françaises. Fondée en 1958, elle se consacre à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine bâti et paysager. Forte de 18 000 adhérents et de délégations locales présentes dans toute la France, VMF organise notamment des actions de mécénat, ainsi que l’attribution de labels et de prix à des édifices ou des restaurations remarquables. Le fonds est constitué d’environ 120 000 diapositives couleur de divers formats, principalement 24x36 mm. Une partie seulement a été inventoriée et mise en ligne : près de 6000 vues correspondant aux images qui ont été sélectionnées pour être publiées dans la revue mensuelle de l'association, l’une des principales vitrines de ses actions et médium établi de l’actualité patrimoniale française. Les diapositives versées remontent aux années 1980, les plus récentes datant de 2005. Elles ont servi à illustrer les revues publiées entre 1992 et 2006, ainsi que les cartes de vœux et autres supports promotionnels de l'association. Certaines ont été incluses dans des expositions anniversaires ou thématiques organisées par l'association. Une trentaine de photographes missionnés par VMF ont participé aux prises de vues. Le principal auteur est Bernard Galéron avec environ 4600 vues versées. L'ensemble du territoire métropolitain français est couvert, ainsi que la Corse et la Réunion, urbain comme rural, de la capitale et des métropoles régionales aux plus petits hameaux. L’intitulé du fonds, reprenant celui de l’association et de la revue éponyme, réserve cependant quelques surprises : aux côtés des maisons et manoirs, on trouve de nombreux châteaux plus ou moins célèbres, mais aussi des édifices religieux, des fermes ou de modestes sites proto-industriels (moulins, briqueterie). L'architecture de la fi, du XIXe et du XXe n'est pas eclut quoique minoritaire. Une part non négligable des monuments représentés n'est pas protégée au titre des monuments historiques. Illustrant le patrimoine bâti français dans sa grande diversité, le fonds enrichit aussi les collections de la MAP grâce aux vues intérieures des demeures privées, parfois inédites. Retrouvez le fonds des VMF sur la plateforme POP En savoir plus sur l'association Vieilles Maisons françaises
Autochrome
Le fonds Jules Antoine en ligne sur POP
Donné en 2019 à la MPP, le fonds Jules Antoine est aujourd'hui numérisé et consultable sur Mémoire.
Né dans une famille de métayers installés dans les environs de Limoges (Haute-Vienne), Jules Antoine (1863-1948) suivit ses parents à Paris en 1868. Élève aux Arts décoratifs, il entra dans l’atelier de l’architecte Léon Rivière (1814-1890) comme commis puis, à partir de 1883, suivit les cours d’architecture de l’École nationale des Beaux-Arts. En 1890, il réussit le concours d’architecte voyer de la ville de Paris où il effectua toute sa carrière professionnelle. Parallèlement, son frère aîné, André (1858-1943), s’illustra dans le théâtre et le cinéma en créant notamment le Théâtre Antoine (1897). Proche du peintre Maximilien Luce (1858-1941), Jules Antoine se passionna pour la photographie au tournant du siècle. Amateur éclairé, il fit de sa famille, de sa vie bourgeoise et des villégiatures en Normandie ou sur la côte Atlantique son premier sujet. Ses photographies, prises sous des angles très étonnants, forment un récit en images de la vie des deux enfants que lui donna sa femme, Pauline, épousée en 1888. Espiègles, boudeurs ou endormis, Jean et Marthe montrent tous les aspects de la vie enfantine. Vers 1908-1909, comme de nombreux amateurs, Jules Antoine se convertit à l’autochrome mais abandonna ses appareils en 1912, à la mort de son fils, pour ne les reprendre qu’en 1929, à la naissance de sa première petite-fille. Son arrière-petit-fils, Daniel Danzon, encadreur dans le 18e arrondissement, a redécouvert les négatifs de Jules Antoine à la fin des années 1990 et a ensuite organisé de nombreuses expositions dans son atelier. En 2002, une sélection de ses photographies a été présentée dans le cadres des Rencontres internationales de la photographie à Arles. Au moment où il cessa son activité en 2019, Daniel Danzon a souhaité faire don de l’ensemble des négatifs de son grand-père à la MPP. Le fonds Jules Antoine comprend environ 2500 négatifs noir et blanc sur plaques de verre, 174 autochromes et un carton de documentation. Jules Antoine sur POP
Album
Acquisition des albums de la marquise de Nadaillac
Les 9 albums de la marquise de Nadaillac, regroupant plus de 2500 tirages et des centaines d'aquarelles, font maintenant parti des fonds de la MAP.
La MAP a acquis en vente publique, le 26 novembre 2020, un ensemble exceptionnel de neuf grands albums photographiques in-folio réalisés par la marquise de Nadaillac, née Marie-Édith Roussel de Courcy (1825-1907), et sa fille, Hélène de Froidefond (1851-1904), comtesse de Florian, sans doute entre 1880 et 1907. Ces luxueux albums forment un voyage en images dans le monde entier, au travers de centaines de tirages somptueusement mis en page avec des dessins et ornements à la plume et à l’aquarelle. Parmi les photographies ainsi rassemblées figurent des pionniers comme Gustave Le Gray avec sa célèbre Vague brisée, Désiré Charnay sur les ruines américaines ou Louis Vignes sur Palmyre. Cet ensemble unique en son genre, alliant photographie et arts décoratifs, va faire l’objet d’une campagne de restauration et de numérisation en 2021, avant un travail d’inventaire et d’identification qui devrait aboutir à de nombreuses opérations de valorisation dans les années à venir.
Négatif sur plaque de verre
Le fonds Emile Esperandieu versé sur Mémoire
Contenu du fonds
5 135 négatifs sur plaques de verre.
Date des prises de vues
Avant 1934 pour les photographies publiées dans le Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine d’après ce qu’Espérandieu indique dans sa correspondance1. Pour le reste, les dernières photographies qui peuvent être datées ont été prises en 1938 ou début 1939.
1 Henri Lavagne, « La base de données du Nouvel Espérandieu : une sauvegarde de la mémoire collective », dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 151ᵉ année, n° 4, 2007, p. 1537.
Présentation du fonds Il s’agit de 5 135 négatifs sur plaques de verre de format 13 x 18 cm pour la plupart, et de quelques plaques 9 x 12 cm. La plupart de ces photographies ont été publiées dans l’ouvrage d’Espérandieu intitulé Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, édité entre 1907 et 1938. En 2001, Henri Lavagne fut chargé par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de compléter l’inventaire réalisé par Espérandieu. Ce travail, rendu nécessaire par les nouvelles découvertes réalisées depuis la parution du dernier volume du Recueil et de ses compléments, aboutit à la parution de plusieurs volumes du Nouvel Espérandieu. La nécessité de recourir à l’informatique pour assurer la plus large diffusion possible d’un corpus très volumineux s’imposa rapidement. En 2003-2004, Henri Lavagne et Jean-Daniel Pariset, directeur de la MPP (1996-2015) décidèrent de conjuguer leurs efforts pour mener à bien ce projet. Sur ses crédits propres, la MPP fit numériser la totalité du fonds et remit les fichiers numériques correspondants au Centre Camille Jullian à Aix-en-Provence. De son côté, le Centre assura la logistique informatique et la saisie des notices des objets décrits dans le Recueil. La base de données RBR (Recueil des bas-reliefs), fruit de cette fructueuse collaboration, recense à quelques exceptions près tous les bas-reliefs figurant sur les photographies d’Espérandieu conservées à la MPP. On notera l’existence d’une seconde base de données, la base NEsp (Nouvel Espérandieu), à laquelle la numérisation des photographies a également été profitable (Voir les adresses de ces bases de données dans le paragraphe consacré aux sources). Pour le Recueil, les objets figurant sur les photographies sont détourés tandis que, sur les images originales, le contexte dans lequel ils ont été photographiés est parfaitement visible. Il s’agit selon les cas d’une salle d’exposition permanente ou d’une réserve de musée, d’une bibliothèque (Chartres), de locaux appartenant à un particulier, d’un site archéologique, d’un champ ou d’un bâtiment dans lequel le bas-relief a été remployé. Le fonds Espérandieu et le Recueil comportent également de nombreuses reproductions de dessins anciens de bas-reliefs trouvés dans les archives. Si l’image de l’objet détouré est privilégiée sur la base RBR, il est également possible d’accéder à l’image originale, éventuellement recadrée (Les noms des fichiers originaux n’ont cependant pas été indiqués). Les photographies furent réalisées dans des conditions souvent très difficiles : « Une […] cause d’imperfection que je ne puis passer sous silence est due à la médiocre qualité de quelques-unes des photographies dont je me suis servi. Je les aurai, certes, souhaitées meilleures, mais tous les archéologues qui ont travaillé dans les musées savent, par expérience, combien il est difficile d’y obtenir de bons clichés ; l’éclairage y laisse souvent à désirer ; quant au déplacement des pierres qui permettrait d’y remédier, leur poids, leur entassement ou leur fixité sont de tels obstacles, qu’il est préférable, au moins dans la plupart des cas, de n’y point songer » (Recueil général des bas-reliefs de la Gaule, Paris, Imprimerie nationale, 1907, p. VI-VII). On trouve parfois plusieurs prises de vues réalisées du même endroit mais avec des réglages différents. Espérandieu, qui n’avait pas de fortune personnelle, photographiait parfois plusieurs bas-reliefs sur la même plaque, sans doute par mesure d’économie. La lecture de ses images était parfois si difficile qu’il préféra recourir à d’autres photographies que les siennes : il en cita les auteurs dans les notices du Recueil. Le fonds Espérandieu de la MPP ne concerne que les photographies d’Espérandieu publiées dans le Recueil. Comme l’indique Henri Lavagne (→ notice biographique consacrée à Émile Espérandieu sur le site de l'INHA), le ministère de l’Instruction publique n’avait autorisé que des reproductions en simili-gravure moins onéreuses que d’autres procédés, ce qui explique leur qualité médiocre (Malgré les prouesses du graveur Henri Demoulin auquel Espérandieu rend hommage : Recueil..., p. 7, note 1.). Il rappelle que « si l'on examine les plaques de verre de format 13 x 18 qui sont les témoins de son énorme illustration, on est surpris de la grande compétence d'Espérandieu comme photographe [...] "commis-voyageur" de la sculpture gallo-romaine, comme il le dit plaisamment, transportant dans tous les musées de France sa lourde chambre noire photographique (4,8 kg) et les pesantes boîtes de plaques de verre qui sont nécessaires aux milliers de clichés exécutés ». Les objets étaient quelquefois mis en scène (ESP02237 et ESP02615). Dans certains cas, ils étaient pris in situ, avant leur transport dans un musée (ESP02466). Dans la base Mémoire, l’origine des objets a été indiquée toutes les fois que cela était possible, éventuellement à partir des informations figurant sur les négatifs, notamment pour ceux présentant des objets qui ne sont pas publiés dans le Recueil. En effet, Espérandieu photographie quantité de statuettes en bronze mais aussi bon nombre de céramiques, grecques pour la plupart, ainsi que des sculptures, bas-reliefs ou rondes-bosses conservés dans des musées italiens. On trouve également un petit ensemble de vues d’un site archéologique, peut-être le Vieil-Évreux ou Alise-Sainte-Reine, et, plus inattendues, quelques images de lieux protégés par des sacs de sable prises juste avant la Seconde Guerre mondiale. Les objets photographiés, y compris ceux publiés dans le Recueil, proviennent de France mais aussi d’Allemagne, de Belgique, du grand-duché du Luxembourg, d’Italie, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de Suisse. Certains d’entre eux ont aujourd’hui disparu, ce qui confère un intérêt supplémentaire aux prises de vues d’Espérandieu. Description des photographies La quasi-totalité des informations contenues dans le champ « observations » de la base Mémoire provient des notices de la base RBR communiquées à la MPP par le Centre Camille Jullian en 2018. Le texte en a cependant été allégé de façon à ne conserver que les informations relatives pour l’essentiel à l’iconographie du sujet représenté. La vocation de la base Mémoire est de décrire les photographies d’Espérandieu. Pour la description des objets, on consultera la base RBR. Sources Fonds Espérandieu de la MPP - MPP, dossier du fonds 0080/375 [non archivé] - MPP, 80/74/57, dossier Espérandieu Biographies - Henri Lavagne, notice biographique consacrée à Émile Espérandieu en 2010 : https://www.inha.fr/fr/ressources/publications/publications-numeriques/dictionnaire-critique-des-historiens-de-l-art/esperandieu-emile.html [consulté le 20 mai 2020] - Michèle Pallier, Du commandant Espérandieu au nouvel Espérandieu, texte d’une conférence donnée en 2017 : https://www.saint-cyr.org/group/la-guilleminot/109/articles/du-commandant-esperandieu-au-nouvel-esperandieu-complement-du-casoar/25/07/2017/701[consulté le 20 mai 2020] Corpus des bas-reliefs Espérandieu, Émile, Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine, Paris, Imprimerie nationale, volumes I à XI, 1907-1938. On notera qu’à ces onze volumes rédigés par Espérandieu (soit 7 818 notices) se sont ajoutés, entre 1947 et 1965, quatre suppléments dus à Raymond Lantier et un cinquième de tables, édité par Paul-Marie Duval en 1981, après le décès de Lantier. - Base de données RBR et NEsp : https://sculpturo.huma-num.fr/base/ Base RBR Danièle Terrer et Nicolas Richard, Présentation des bases Nesp et RBR, 2007 : https://www.inha.fr/fr/agenda/parcourir-par-annee/annees-2004-2013/presentation-des-bases-nesp-et-rbr.html Lavagne Henri, « La base de données du Nouvel Espérandieu : une sauvegarde de la mémoire collective », dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 151ᵉ année, n° 4, 2007. p. 1533-1549 : https://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_2007_num_151_4_91558.pdf Autres sources Des photographies d'Espérandieu sont également conservées au palais du Roure à Avignon et au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. On trouvera la description de ces fonds dans la biographie d’Espérandieu de Henri Lavagne citée plus haut. Ce dernier indique également la présence d’archives provenant d’Espérandieu dans le fonds de la bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence et à la bibliothèque de l’INHA. Isabelle Gui août 2023 LE FONDS EMILE ESPERANDIEU SUR MÉMOIRE LES BASES DONNÉES RBR ET NESP
Album
Numérisation de deux albums sur les destructions de la guerre de 1870
Numérisation de deux albums photographiques relatant les destructions de la guerre franco-prussienne de 1870. Le premier, intitulé « Bombardements de Strasbourg », est composé de 26 tirages photographiques datés de 1871.
Auteurs des photographies de l'album de Starsbourg Seize des vingt-six vues sont signées conjointement par trois photographes : Auguste Colas, dit Baudelaire (1830 ?-1880), Théodore Saglio et Friedrich Peter. Auguste Colas est le fils d’un daguerréotypiste nantais, Alfred Colas. Il signe ses photographies A. Baudelaire, A. C. Baudelaire, A. Colas-Baudelaire. Friedrich Peter et Théodore Saglio sont des photographes installés à Strasbourg. Ils travaillent ensemble pour l'édition de vues stéréoscopiques de la ville et des Vosges. Les Saglio sont une famille strasbourgeoise qui compte deux hommes politiques. Nous ne disposons d’aucune information concernant l’acquisition de cet album par la bibliothèque des Monuments historiques. Un nom, probablement celui de l’ancien propriétaire, figure sur la première page. Description Vingt-cinq photographies ont été prises en 1871, à la fin de la guerre franco-allemande (19 juillet 1870-29 janvier 1871). L’album s’ouvre avec la reproduction d’une gravure de Charles-Émile Matthis (1839-1893), « Strasbourg le 28 septembre 1870 » : une femme éplorée assise sur un tas de ruines et couverte d’un voile, tient un glaive sur sa cuisse droite. Elle symbolise la ville à la date de sa capitulation. Suivent des vues de quartiers dévastés de la ville et des faubourgs (Broglie, le faubourg de Pierre, le faubourg National, le quartier du Marais Kageneck) ; et de monuments emblématiques (la citadelle, la cathédrale, le Temple Neuf, le théâtre, la gare et la porte des pêcheurs). Fonds en relation La Bibliothèque nationale de France (BnF) conserve un album rassemblant 26 planches de la série « Siège de Strasbourg - 1870 » de Baudelaire, Saglio et Peter, et 5 photographies non signées. Il est consultable sur Gallica. Seules six vues sont également présentes dans l’album de la MAP : B001260 à B001262 et B001267 à B001269. La Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg conserve également un bel ensemble de tirages des trois photographes : BNUS Isabelle Gui Décembre 2020 ALBUM "BOMBARDEMENTS DE STRASBOURG" SUR POP ALBUM "LE SIÈGE DE PARIS" SUR POP TIRAGE À LA BNU DE STRASBOURG ALBUM SUR GALLICA
Album
Feuilletez en ligne les albums de Lartigue !
Jacques-Henri Lartigue (1894-1986) est le premier parmi les photographes du 20e siècle à donner l’ensemble de son œuvre photographique à l’État. Celle-ci est constituée notamment de 126 albums de grand format comportant huit mille pages et quarante mille tirages évoquant sa vie et son œuvre. En 1984, sous le titre Pages d'albums (1919-1922), une exposition est consacrée à une partie d'entre eux. En 2003, une grande rétrospective leur rend hommage au Centre Pompidou. L’espace qui leur est aujourd’hui consacré en ligne permettra à chacun d’accéder à l'intégralité de cet ensemble majeur, désormais affecté et conservé à la MAP, comme le reste de cette donation.
« Voilà ma tâche. Voilà ce que je veux réaliser. Voilà ce que je demande à celui qui m'aimera assez de réaliser après ma mort : mon journal illustré [photos choisies parmi toutes mes photos – pages choisies – pages résumées – pages supprimées], y coller des photos s'y rapportant selon les dates [de temps en temps en grande – de temps en temps une page pleine de photos datées simplement – de temps en temps de l'écriture seulement]. C'est du reste pour moi que j'écris tout ça en espérant bien pouvoir le faire moi-même [ce qui m'amuserait beaucoup]. Mais [optimisme vainqueur] voyez-vous que je sorte de cette opération transformée. » Jacques-Henri Lartigue, journal manuscrit inédit de l'année 1930 - - - - - - - - - « Retravaillés au fil des ans, ces albums constituent la clef de voûte de l'édifice autobiographique de Lartigue, auquel ils confèrent cette dimension rétrospective inhérente à l'écriture de soi : plusieurs auteurs ont déjà noté le caractère d'exclusion qui mène à ne retenir que les moments « heureux » de son existence. Lartigue pêche assurément par omission, ne livrant à la postérité que des reflets soigneusement ordonnés par lui-même, qui sort profondément transformé de cette relecture. Pour paraphraser la formule chère à André Bazin sur le cinéma, ces albums substituent au regard de Lartigue un monde qui s'accorde enfin à ses propres désirs. » Quentin Bajac, p. 139 « Ils [les albums] sont l'expression individuelle d'une pratique collective et c'est le propre de la photographie, art populaire et collectif, que d'être le lieu où s'exprime une esthétique, un goût dont l'expression socialisée révèle l'inconscient social tout autant sinon plus, que celui de son auteur. » Alain Sayag, p. 17 Citations extraites de Lartigue, l'album d'une vie, 1894-1986, sous la direction de Martine d'Astier, Quentin Bajac et Alain Sayag, Paris, Edition du Seuil, 2003, livre de l'exposition rétrospective tenue au Centre Georges Pompidou de juin à septembre 2003. - - - - - - - - - « Jacques Lartigue se compose un paradis d'albums, sa vraie vie certes, mais revue et corrigée, celle qu'il veut voir et se donner, au prix de silences, d'absences, de suppressions... Ailleurs, les personnages essentiels sont supprimés par un cadrage qui n'est jamais innocent ; il dépend de ce que Lartigue veut montrer, non dans ses photographies, mais dans ses albums qui sont, en marge de la peinture, du journal et des prises de vue, comme une quatrième voie de l'expression... » Michel Frizot, dans, Le Passé Composé. Les 6 x 13 de Jacques Henri Lartigue, Centre national de la photographie, 1987. Le feuilletoir numérique Récemment mis en ligne sur le site de la Donation Jacques-Henri Lartigue, le feuilletoir numérique est un outil de visionnage permettant de consulter l’ensemble des pages des albums reliés mais également les feuillets supplémentaires des années 1920 et l’album de 1986. DÉCOUVRIR LE FEUILLETOIR DES ALBUMS DE LARTIGUE LA DONATION JACQUES-HENRI LARTIGUE LARTIGUE, L'ALBUM D'UNE VIE, 1894-1986, LIVRE DE L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE TENUE AU CENTRE GEORGES POMPIDOU EN 2003
Tirage sur papier albuminé
Le fonds Lucien Lefort sur POP
Quatre-vingt-dix tirages sur papier albuminé ont été numérisés et mis en ligne. Gendre de Juste Lisch (1828-1910), Lucien Lefort (1850-1916) exerça en grande partie sa carrière à Rouen. Il est nommé architecte en chef des Monuments historiques en 1887. La documentation de Lucien Lefort, versée sur la base Mémoire en 2019, propose désormais des notices illustrées. Les photographies concernent un certain nombre de monuments historiques de Seine-Maritime, parmi lesquels les églises Notre-Dame de Caudebec-en-Caux, Saint-Jacques de Dieppe, Saint-Jean d’Elbeuf et la léproserie de Saint-Julien-le-Chartreux au Petit-Quevilly. Pour Rouen, on note la présence de plusieurs vues de la cathédrale, des églises Saint-Maclou et Saint-Ouen et du palais de justice sur lequel Lefort est intervenu.
Biographie de Lucien Lefort Né en 1850 à Sens (Yonne), Frédéric-Lucien-Didier Lefort devient architecte en chef de la Seine-Inférieure (actuelle Seine-Maritime) en 1879. En 1884, il est élu membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen et des Amis des monuments rouennais. En 1885 il reçoit une médaille de première classe au Salon des artistes français. En 1887 il est nommé architecte en chef des Monuments historiques. La Légion d’honneur avec le grade de chevalier lui est octroyée en 1889, année où il reçoit une double médaille d’or à l’Exposition universelle. Il participe à la création des écoles régionales d’architecture et est nommé président de l’Association provinciale des architectes. Il prend sa retraite en 1913 et décède à Rouen en 1916. Lefort s’est illustré dans une série de travaux de construction ou de restauration parmi lesquels figurent l’agrandissement du palais de Justice de Rouen, la construction de l’école normale de garçons de Rouen, du palais de justice et de la chambre de commerce de Dieppe et l’agrandissement du palais des consuls de Rouen. Il intervient également sur le château de Robert le Diable, construit l’école normale d’institutrices de Rouen, le bâtiment des archives de la Seine-Inférieure, les châteaux d’eau marégraphes de Rouen. Il travaille sur plusieurs églises à Aumale, Saint-Saëns, Neufchâtel-en-Bray, Montivilliers, Bourg-Dun, Graville, Norville, Saint-Maurice d’Ételan, Villequier et Darnétal. Il construit la sacristie de l’église Saint-Maclou ainsi que le presbytère, le porche de l’église Saint-Vivien, l’église du Sacré-Coeur de Rouen et le château de Gaston Lebreton à Saint-Pierre de Varengeville. Il est l’auteur de nombreuses écoles à Saint-Saëns, Sahurs, Bosc-Roger-sur-Buchy et Longrerue. Dans son département de naissance, l’Yonne, où vivait son père, également architecte, il construit le marché couvert de Joigny et le théâtre municipal de Sens. Présentation du fonds photographique Le fonds photographique de Lucien Lefort rassemble 90 tirages sur papier albuminé datés des années 1880. Nous ignorons par qui et quand ce fonds été versé à la Bibliothèque et archives des Monuments historiques, actuel département des Archives et de la bibliothèque de la MAP. Lucien Lefort était le gendre de Juste Lisch : il est donc possible que les descendants de la famille Lisch soient à l'origine du versement. L’ensemble du fonds concerne la Seine-Maritime et pour une large part la ville de Rouen où Lucien Lefort exerça son activité d’architecte. Les photographies concernent un certain nombre de monuments historiques de Seine-Maritime parmi lesquels les églises Notre-Dame de Caudebec-en-Caux, Saint-Jacques de Dieppe, Saint-Jean d’Elbeuf et la léproserie de Saint-Julien-le-Chartreux au Petit-Quevilly. Pour Rouen, on note la présence de plusieurs vues de la cathédrale Notre-Dame, des églises Saint-Maclou et Saint-Ouen et du Palais de Justice sur lequel Lefort est intervenu. Le fonds photographique Lefort comme un certain nombre de fonds d’architectes du XIXe siècle se compose de photographies acquises auprès de photographes professionnels dont quelques noms nous sont parvenus : Aubry et Grémouin, Ch. Aubry, Bisson, A. Chemin, Durandelle, A. Lefort, Émile Letellier, Casimir Lemoussin et Witz et Cie. EN SAVOIR PLUS
Tirage sur papier albuminé
Les photographies du fonds Lisch versées sur POP
Découvrez, sur la Plateforme ouverte du patrimoine (POP), les notices photographiques désormais illustrées du fonds Juste Lisch.
Juste Lisch (1828-1910) formé à l’école des Beaux-arts par Léon Vaudoyer (1803-1872) et Henri Labrouste (1801-1875), est nommé architecte diocésain de Luçon en 1857, puis d’Amiens à partir de 1874 et enfin d’Angoulême en 1880. D’abord attaché à la Commission des Monuments historiques, il devient architecte des Monuments historiques puis inspecteur général en 1878. Un an plus tard il est nommé membre de la Commission des Monuments historiques. Il est également membre du Conseil des Bâtiments civils, architecte de l'Assistance publique, de la compagnie des Chemins de fer de l'Ouest et de la Chambre de Commerce de Paris de 1867 à 1907. Pour les Monuments historiques il intervient sur de nombreux chantiers : dans le Loiret à Saint-Benoît-sur-Loire en 1865, Ferrières en 1866, à Orléans sur la maison de Diane de Poitiers en 1866, à Cléry-Saint-André sur l’église Notre-Dame en 1868, à Germigny-des-Prés en 1874, à Saint-Sulpice-de-Favières en 1875 ; en Charente-Maritime sur l’hôtel de ville de La Rochelle et en Côte-d’Or sur le Palais de Justice de Dijon. Le fonds Lisch a été acheté à ses héritiers à une date inconnue. Il a été versé au service de la Bibliothèque et des archives des Monuments historiques, actuel département des Archives et de la bibliothèque de la MAP. Le fonds Lisch est conservé sous la cote 0080/136. Il contient 132 tirages sur papier albuminé. Les photographies concernent essentiellement des édifices de côte d’Or, des Deux-Sèvres et du Loiret. Néanmoins, d’autres départements sont représentés : le Calvados, la Charente-Maritime, le Gard, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, l’Oise, Paris, le Pas-de-Calais, la Vendée et la Vienne. Les tirages sont parfois en relation avec les édifices restaurés par Lisch ou les villes où ils se trouvent. À noter, la présence de vingt-et-une reproductions de dessins et de moulages des caissons de la maison dite de Diane de Poitiers à Orléans, exécutés par un ornemaniste, D. Fournier d’Orléans. Isabelle Gui pour la MAP Septembre 2020 LE FONDS LISCH SUR POP
Tirage photographique
Mise en ligne du fonds Bostijn sur la plateforme ouverture du patrimoine (POP)
Plus de 2000 tirages numérisés et mis en ligne sur la la base Mémoire.
Édouard Bostijn (1922-1986), d’origine belge, est probablement un photographe professionnel sur lequel nous ne disposons d’aucune information. Son fonds photographique a été acheté en 1988 par le service de la Bibliothèque et des Archives des Monuments historiques, aujourd’hui département des Archives, de la Documentation et de la Bibliothèque de la MAP. Il contient 2472 tirages gélatino-argentiques noir et blanc de format 22 x 17 cm, conservés dans cent petits albums photographiques. Les tirages, non datés, sont aujourd'hui disponibles en ligne sur la plateforme ouverte du patrimoine (POP). L'ensemble est consacré à la sculpture romane. On y note quelques vues de portails, mais il s'agit pour l'essentiel d'images de chapiteaux ou de détails sculptés. Ce sont des vues rapprochées, sans doute réalisées au téléobjectif, très probablement dans le cadre d'une commande. La présentation des photographies est très soignée. Les tirages réalisés sur un papier mat épais, sont maintenus dans les albums grâce à des coins photographiques et protégés par un feuillet en papier transparent. Seuls les rectos des pages ont été utilisés. Les photographies de chaque album sont regroupées par communes. Les communes représentées dans un même album peuvent se trouver dans des régions différentes, éloignées les unes des autres. Les images d’un même édifice peuvent être réparties dans plusieurs albums. Toutes les vues ont été réalisées en France, à l’exception de neuf images prises en Italie à Vintimille et à Venise, dans cent-soixante-cinq communes réparties dans quarante-six départements. Les édifices photographiés sont parmi les plus réputés pour la qualité de leur décor sculpté. Seuls sept d’entre eux ne sont pas protégés au titre des Monuments historiques. Des objets, en général protégés, notamment des statues, ont fait l’objet de quelques prises de vues. Les photographies d’Édouard Bostijn ne sont pas sans rappeler celles publiées par les éditions Zodiaque pour lesquelles il ne semble pourtant pas avoir travaillé . Le fonds a été intégralement numérisé en 2020. Le récolement qui a précédé cette opération a révélé l’absence de sept images qui manquaient sans doute déjà au moment de l’acquisition des albums. Isabelle Gui pour la MAP Septembre 2020 LE FONDS BOSTIJN SUR POP
Tirage photographique
Jean-François Bauret entre dans les collections de la MPP
Jean-François Bauret est un photographe français né à Paris en 1932 et mort à Paris en 2014.
Né en 1932 à Paris, Jean-François Bauret a débuté comme photographe publicitaire, dans la mode et le textile notamment. Il se spécialise ensuite dans le portrait. Il photographie des artistes et des comédiens, chez eux ou en studio. Intéressé par le corps humain, il se spécialise également dans des études de nu dans qui dérogent aux poses habituelles et présentent des contrastes souvent accusés. Il travaille en noir et blanc et en couleur, notamment au Polaroïd. Après son décès en 2014, sa famille a fait don à la MPP d’un ensemble représentatif de tirages.
positif support verre
Mise en ligne du fonds Benoit-Lévy sur POP
Jules Benoit-Lévy, la photographie au service de la peinture Élève à l’École des Arts décoratifs et aux Beaux-arts, Jules Benoit-Lévy se consacre à la peinture et à l’illustration. Ses clichés témoignent de cette activité et servent d’étude à certains tableaux au pittoresque pris sur le vif. Si l’artiste se photographie dans son atelier, travaillant à de grandes toiles ethnographiques, paysagères ou peignant un modèle sagement installé, il ne rechigne pas à se confronter au motif. Des voyages en Bretagne et aux Pays-Bas lui apportent le matériel nécessaire aux toiles réalistes qu’il peint d’après photographie ou en installant son chevalet dans un intérieur paysan, sujet privilégié de ses représentations. Par ailleurs, certains clichés relèvent de l’œil du peintre et présentent un cadrage pictural et des effets de lumière très proches de ceux d’un tableau, les deux techniques se confondant alors dans leur mise en œuvre. Jules Benoit-Lévy dans la Grande Guerre En août 1914 éclate la Première Guerre mondiale. À 48 ans, Benoit-Lévy semble avoir fait partie de ces engagés qui se sont présentés malgré leur âge. Si un soldat est appelé jusqu’à ses 45 ans, l’engagement volontaire permet en effet aux hommes nés avant 1887 de participer au conflit. Benoit-Lévy porte le matricule 941. Peu de clichés de batailles. Le peintre semble posté à l’arrière. De 1914 à 1916, ses clichés gardent en mémoire le transport des troupes et du matériel vers l’Est, la popote du soldat et la vie de camp, les Zouaves du 56e régiment. Seule bataille représentée, celle de l’Argonne, en 1915, dans la Marne. Aucun cliché de la Grande Guerre n’est pris après 1916. À 50 ans, l’Armée a peut-être décidé qu’il était temps pour lui de rentrer. Dans les années 1920, le peintre retourne photographier les vestiges du conflit : tranchées, villes détruites, cimetières de soldats. Les petits-neveux de Jules Benoit-Lévy ont fait don à l’État, en janvier 2021, d’un millier de plaques de verre, qui viennent d’être mises en ligne sur la base Mémoire. Découvrir le fonds Benoit-Lévy sur Mémoire
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Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
→ Les images de Victor-Paul Marre-Philipon sur POP Qui donc est Victor-Paul Marre-Philipon ? De lui, nous ne connaissons que quelques clichés sur lesquels il s'identifie et grâce auxquels il a été possible de donner un nom à ce photographe particulier du Touring Club de France. Portrait rapproché ; assis, à son bureau ; allongé, fumant de l'opium. Entre 1905 et 1908, ce bourgeois immortalise l'univers des artistes de music-hall et de cabaret pour lequel il semble avoir une passion soutenue ou entretenir un lien particulier, allant jusqu'à les suivre dans leurs villégiatures balnéaires. De scènes privées, comme le cirque Molier ou le cercle Volney, en scènes publiques, comme à Marigny ou au Châtelet, le photographe entre dans l'intimité particulière qu'est cet instant où l'artiste se transforme dans le secret de sa loge. Loin de se montrer rétifs, danseurs et acteurs paraissent connaître l'homme, et se livrent avec bonheur aux caprices de son objectif. Des noms connus ou non se muent en personnages de féeries, de revues, de pièces à grand spectacle. Colette Willy avant qu'elle ne devienne Colette tout court, joue avec un chien. La Belle Otéro évolue sur scène dans une pièce dramatique. Chaque cliché est identifié, le lieu, le jour de la prise de vue, le nom des artistes mentionnés sur la pochette ou la plaque. Marre-Philipon livre également des instantanés de ces cercles privés dont les membres, qui n'étaient pas des artistes, assistaient et participaient à des jeux de rôles, à des tableaux vivants, quittant pour un instant l’image sociale distinguée qui était leur quotidien. Les noms de ces particuliers figurent sur les plaques au même titre que ceux des artistes reconnus. En ces lieux, de jeunes prétendantes à l'art du cabaret se produisent plus ou moins dénudées dans l'espoir de plaire et d'être lancées. Loin de se cantonner au cadre scénographique officiel, Marre-Philipon s'adonne à des portraits privés de ces danseuses de music-hall. Nus ou costumés, ces portraits sont pris en atelier ou dans leur loge. Plus intime encore, il suit certaines villégiatures de troupes en Normandie ou sur la côte basque. Curieux, il s'intéresse également aux groupuscules tels que le « campement Walbin » qui fait parler de lui dans la presse bretonne entre 1919 et 1922. Cet architecte parisien et ses amis s'amusaient à des mises en scène faisant peur aux touristes, sur l'île Stérec, dans le Finistère. Il suit un autre groupe plus obscur, qu'il identifie sous le nom de « Compagnie d'Acevedo ». Ses membres ne semblent pas sortis du monde du spectacle. Militaire, infirmière, et botaniste, ils évoluent toutefois avec un personnage récurrent dans tous ces clichés : Ninette. De Ninette, nous ne savons rien sinon qu'elle pose sur de nombreux clichés, en tête à tête avec Marre-Philipon, au milieu d'artistes ou non. S'agit-il du lien qui reliait Marre-Philipon à cet univers artistique particulier ? Ce fonds spécifique du Touring Club de France comprend plus de 800 plaques de verre, positives et négatives, stéréoscopiques. L'attention portée au monde et aux acteurs du spectacle y est centrale. Quelques plaques se dédient toutefois aux paysages auvergnats et bretons aux alentours de 1924, aux bains de mer à Trouville en 1914-1915. Ce fonds est un « ovni » dans la masse des clichés confiés au Touring Club, plutôt versé dans l'illustration du patrimoine et des paysages français et étrangers, ce qui lui confère un intérêt certain. © Fatima De Castro, 2022
Photographie
Dépôt à la MAP du fonds du Stéréo-Club
Le Stéréo-Club français (SCF) a été fondé en 1903. C’est une association à but non lucratif, dont l’ambition est d’étudier, faire connaître et promouvoir la photographie stéréoscopique et tous les procédés d’image en relief. Rappelons brièvement le principe : une image stéréoscopique se compose de deux vues réalisées par deux capteurs situés à la même distance de la scène photographiée, mais à une légère distance l’un de l’autre. La consultation de ces deux vues à travers un dispositif optique produit un effet de relief. Le SCF publie depuis 1904 une revue mensuelle, appelée d’abord « bulletin », puis « lettre ». Il possède une collection importante de vues stéréoscopiques, résultant de dons effectués par les adhérents du club depuis sa création, et également une collection d’appareils de prise de vue et de projection. À cela s’ajoute une bibliothèque spécialisée dans la photographie et l’image en relief, qui comprend quelques ouvrages difficiles à trouver. Intéressée par cet ensemble, qui reflète les activités du SCF pendant un peu plus d’un siècle, la MAP en a accepté le dépôt dans son intégralité. La collection photographique, les archives administratives et le matériel stéréo ont été transférés au fort de Saint-Cyr en janvier 2022. La bibliothèque et la revue (une série complète reliée) seront prochainement transférés à Charenton. La collection, qui mélange photos de professionnels et photos d’amateurs, se compose de négatifs, essentiellement dans trois formats : 8,5x17cm (les plus anciens), 6x13 et 4,5x10,7 (du début du 20e siècle aux années 1950 ; de positifs contrecollés sur carton de diapositives soit couplées, soit dissociées, dont le couplage pour produire l’effet stéréo se fait alors via le matériel de projection. Les thématiques dominantes sont familiales (photos de vacances) et touristiques (sites, monuments, paysages, surtout en France, un peu en Europe, quelques séries extérieures à l’Europe : Tunisie, Turquie, États-Unis, Costa-Rica, Israël, Japon…). Parmi les photos les plus intéressantes de ce fonds figurent des autochromes stéréoscopiques (exposition coloniale de 1931 ; exposition florale à Bagatelle dans les années 30 ; intérieurs du Petit Palais) et les négatifs de Marcel Meys, réalisés à partir des années 30 : 3000 photos de nus, sensuels et poétiques, mis en scène dans des paysages naturels. L’ensemble est dans un bon état général, surtout la partie la plus ancienne sur plaques de verre. Les fonds récents de diapositives couleur peuvent avoir subi quelques dégradations. Ce dépôt fait l’objet d’une convention, aux termes de laquelle la MAP s’engage à faire l’inventaire des vues stéréo, d’en faciliter la consultation et d’en amorcer la valorisation. Un inventaire par lots a déjà été réalisé par le SCF, en préparation du transfert à Saint-Cyr. La MAP va entreprendre un travail d’inventaire plus fin, pour entrer plus avant dans la richesse et la spécificité de cette collection, et repérer les correspondances éventuelles avec ses propres fonds stéréoscopiques.