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Les fonds de la MAP

Les fonds de la MAP
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Yola de Nyss en costume floral, dans sa loge, au Cirque Molier (Paris), juin 1908
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Poldi Kertch voilée, tenant des roses, octobre 1906
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Le couple Curti dans sa loge, en compagnie d'un petit chien à l’Olympia (Paris), février 1906
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Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Kurti et Codolini mimant un pas de danse aux Folies-Bergères (Paris), 1906
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Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Mademoiselle Kert, danseuse, sur scène aux Escholiers (Paris), 29 mars 1906
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Dîner Molier, tableau vivant : scène galante au Cirque Molier (Paris), 15 mars 1910
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP P. Philippin, Alice Bonheur, chanteuse d'opérette, dans sa loge, au théâtre de Marigny, juin 1908
Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
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Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP
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Le monde du music-hall à la Belle Époque sur POP

Qui donc est Monsieur P. Philippin ? De lui, nous ne connaissons que quelques clichés sur lesquels il s'identifie et grâce auxquels il a été possible de donner un nom à ce photographe particulier du Touring Club de France. Portrait rapproché ; assis, à son bureau ; allongé, fumant de l'opium. Entre 1905 et 1908, ce bourgeois immortalise l'univers des artistes de music-hall et de cabaret pour lequel il semble avoir une passion soutenue ou entretenir un lien particulier, allant jusqu'à les suivre dans leurs villégiatures balnéaires. 

De scènes privées, comme le cirque Molier ou le cercle Volney, en scènes publiques, comme à Marigny ou au Châtelet, le photographe entre dans l'intimité particulière qu'est cet instant où l'artiste se transforme dans le secret de sa loge. Loin de se montrer rétifs, danseurs et acteurs paraissent connaître l'homme, et se livrent avec bonheur aux caprices de son objectif. Des noms connus ou non se muent en personnages de féeries, de revues, de pièces à grand spectacle. Colette Willy avant qu'elle ne devienne Colette tout court, joue avec un chien. La Belle Otéro évolue sur scène dans une pièce dramatique. Chaque cliché est identifié, le lieu, le  jour de la prise de vue, le nom des artistes mentionnés sur la pochette ou la plaque. 

Philippin livre également des instantanés de ces cercles privés dont les membres, qui n'étaient pas des artistes, assistaient et participaient à des jeux de rôles, à des tableaux vivants, quittant pour un instant l’image sociale distinguée qui était leur quotidien. Les noms de ces particuliers figurent sur les plaques au même titre que ceux des artistes reconnus. En ces lieux, de jeunes prétendantes à l'art du cabaret se produisent plus ou moins dénudées dans l'espoir de plaire et d'être lancées.

Loin de se cantonner au cadre scénographique officiel, Philippin s'adonne à des portraits privés de ces danseuses de music-hall. Nus ou costumés, ces portraits sont pris en atelier ou dans leur loge. Plus intime encore, il suit certaines villégiatures de troupes en Normandie ou sur la côte basque. Curieux, il s'intéresse également aux groupuscules tels que le « campement Walbin » qui fait parler de lui dans la presse bretonne entre 1919 et 1922. Cet architecte parisien et ses amis s'amusaient à des mises en scène faisant peur aux touristes, sur l'île Stérec, dans le Finistère. Il suit un autre groupe plus obscur, qu'il identifie sous le nom de « Compagnie d'Acevedo ». Ses membres ne semblent pas sortis du monde du spectacle. Militaire, infirmière, et botaniste, ils évoluent toutefois avec un personnage récurrent dans tous ces clichés : Ninette. De Ninette, nous ne savons rien sinon qu'elle pose sur de nombreux clichés, en tête à tête avec Philippin, au milieu d'artistes ou non. S'agit-il du lien qui reliait Philippin à cet univers artistique particulier ? 

Ce fonds spécifique du Touring Club de France comprend plus de 800 plaques de verre, positives et négatives, stéréoscopiques. L'attention portée au monde et aux acteurs du spectacle y est centrale. Quelques plaques se dédient toutefois aux paysages auvergnats et bretons aux alentours de 1924, aux bains de mer à Trouville en 1914-1915. Ce fonds est un « ovni » dans la masse des clichés confiés au Touring Club, plutôt versé dans l'illustration du patrimoine et des paysages français et étrangers, ce qui lui confère un intérêt certain. 

© Fatima De Castro, 2022