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Félix Nadar, pseudonyme de Félix Gaspard Tournachon, avec sa femme Ernestine, son fils Paul et son frère Adrien Tournachon
Félix Nadar, pseudonyme de Félix Gaspard Tournachon, avec sa femme Ernestine, son fils Paul et son frère Adrien Tournachon

De 1855 à 1948, trois générations assurent la renommée du pseudonyme Nadar. Le fonds, acquis par l’État en 1950, témoigne de l'importance de cette entreprise familiale dans l’histoire de la photographie.

Les objets

visite guidée

Nadar, une signature pour illustres et anonymes (1855-1939)

Dans les clichés de plateau où il fallait donner à comprendre un ensemble, la gestuelle était reine. Les techniques du mime et de la pantomime apportaient à l’image le sous-titrage nécessaire à sa compréhension. En 1936, Paul Nadar se rapprocha du ministère des Beaux-Arts pour une donation de son fonds d’atelier, fort de milliers de négatifs et de tirages. À sa disparition en septembre 1939, des suites d’une longue maladie, l’atelier fut repris par sa fille Marthe. Née en 1912, des amours illégitimes entre Paul et Marie Anne Parquet, gouvernante de la famille, Marthe fut reconnue par son père en 1920 après le divorce de celui-ci d’avec Marie Degrandi. Se dédiant dans un premier temps à une carrière de peintre, l’héritière Nadar rejoignit l’atelier à partir des années 1930. Comme son père avant elle, elle y apprit le métier de A à Z avant d’en prendre la tête en 1939. La signature Nadar poursuivit ainsi sa longue route jusqu’à la disparition prématurée de Marthe, en 1948. Poursuivant la procédure engagée par Paul Nadar, Marthe légua le fonds de l’atelier à l’État, qui en fit l’acquisition définitive le 4 janvier 1950, certainement sous l’égide d’Anne Nadar, épouse de Paul et mère de Marthe. Environ 250 000 négatifs rejoignirent alors les Archives photographiques. Classés Monument historique en 1992, ils ont intégré la MPP lors de la création de l’établissement en 1996. Actuellement, plus de 28 000 de ces clichés sont visibles en ligne sur la base Mémoire de la MPP, accessible par la Plateforme ouverte du patrimoine (POP). 13 000 d’entre eux concernent le monde du spectacle.  

Nadar, une signature pour illustres et anonymes (1855-1939)

Exposition

PAUL NADAR, L'ŒIL EN SCÈNE

Cachan, théatre Jacques Carat, du 15 septembre au 15 novembre 2020

Cette exposition, coorganisée par la MAP, présente le travail de Paul Nadar, dont les œuvres sont conservées dans nos archives. En 1887, Félix Tournachon, dit Nadar se retire dans sa maison de la forêt de Sénart, laissant son fils Paul à la tête du célèbre atelier qu’il a créé au milieu des années 1850. Aux portraits officiels épurés et intimistes de Félix, Paul préfère des scénographies plus complexes, usant d’accessoires et de décors qui identifient le personnage photographié dans son rôle ou sa qualité professionnelle. Nombreux sont les comédiens et comédiennes qui défilent devant son objectif venant réinterpréter des scènes jouées à l’époque dans les plus grands théâtres parisiens. À travers les archives de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), riche du fonds de négatifs des ateliers Nadar père et fils, cette exposition présente les grandes figures de ce patrimoine théâtral, mais aussi la gestuelle, les costumes et les coulisses des séances de poses. COMMUNIQUÉ DE PRESSE PAGE SUR L'EXPOSITION SUR LE SITE DE LA MAISON ROBERT DOISNEAU

PAUL NADAR, L'ŒIL EN SCÈNE

visite guidée

PAUL NADAR AU TURKESTAN (1890)

  BIOGRAPHIE Jusque-là, Paul Nadar (1856-1939), fils et héritier du célèbre photographe Félix Nadar, exerce son art dans le domaine du portrait. Toutes les personnalités de la seconde moitié du 19e siècle défilent dans son atelier, suivies de la bourgeoisie parisienne. Loin du confort de son atelier, il saisit avec bonheur la foule vivante et colorée des bazars et des marchés de Samarcande, Tilfis, Tachkent ou Boukhara, les chasses au faucon et à l'aigle, les grands espaces sablonneux du désert de Kara-Koum, le dépouillement des vestiges majestueux aux formes brisées habités par le silence. Ce reportage - riche d'un millier de clichés - témoigne de l'acuité de son regard et de la parfaite connaissance de son art. L'angle de prise de vue est judicieusement choisi, le contre-jour adroitement utilisé, les pleins et les vides harmonieusement mis en scène ; les ombres et les lumières jouent un jeu subtil avec les volumes. Paul Nadar n'est ni un explorateur, ni un aventurier, mais simplement un photographe parisien en quête de paysages insolites et dont la curiosité est comblée, comme l'atteste la correspondance adressée à sa mère : «Ta chère pensée ne me quitte pas, petite mère, et j'ai le regret infini que ni toi ni papa ne connaissiez tout ce que je vois d'extraordinaire. J'en suis étourdi et il me semble que je suis transporté dans un pays de féeries où tout est imaginaire tellement ce qui s'est déroulé devant notre train et ce que j'ai vu depuis mon arrivée est tellement différent et en dehors de tout ce que l'on peut supposer». Son voyage suit les rares voies de communications alors en service entre l'Europe et l'Asie. Parti de Paris par l'Orient-Express, il arrive à Constantinople le 18 août 1890. Du port de Batoum sur la mer Noire, il rejoint Bakou en faisant étape à Tiflis. Enfin, la traversée de la mer Caspienne le mène au tout récent port russe d'Ouzoun-Ada, tête de ligne du Transcaspien. D'Ouzoun-Ada à Samarcande, il visite ce pays de déserts en utilisant cette unique voie de chemin de fer, puis en voiture à cheval, il poursuit son voyage jusqu'à Tachkent où il participe par une présentation de photographies à une exposition universelle. Dans ces étendues désertiques où seules quelques oasis ont permis depuis la plus haute antiquité l'implantation de villes comme Merv, Boukhara, ou Samarcande, le chemin de fer, seule voie de communication, suit les anciennes étapes de la route de la soie. En 1890, le Transcaspien est encore en voie militaire, construite et administrée par les soldats russes. Français, photographe de renom, Paul Nadar obtient aisément un laissez-passer pour visiter cette province contrôlée militairement par l'armée tsariste. Recommandé par le général Komarov, gouverneur du Turkestan russe et le général Annenkov, ingénieur chargé de la construction du Transcaspien, il est reçu et même fêté à chaque étape par les officiers, les émirs, les beys. Outre le classique matériel permettant d'effectuer des photographies sur plaques de verre 30x40 cm, difficiles à transporter sans dommage dans ce genre de reportage, il utilise de tous nouveaux appareils, mis au point par Eastman. Ces Kodak fonctionnent avec des pellicules souples, d'un transport et d'une utilisation beaucoup plus simples. Ils lui permettent de ramener des centaines de clichés qui représentent aujourd'hui un témoignage précieux sur un pays qui, en un siècle, a complètement changé d'aspect. Désertique en 1890, le Turkestan devient une importante région agricole. Les architectures islamiques, en particulier les mosquées de Samarcande, sont restaurées. Ces photographies nous invitent aujourd'hui à un double voyage : voyage en Asie centrale où les seuls noms d'Amou-Daria, Boukhara, Samarcande nous invitent aux rêves orientalistes, mais aussi voyage dans le temps quand les Turkmènes des steppes rencontrent l'Occident. → Toutes les photographies de Paul Nadar au Turkestan sur la Plateforme Ouverte du patrimoine (POP) Source : Mathilde Falguière, Michel Poivert, Dialogue, Photographie sur la route de la soie, le bec en l'air, 2021

Paul Nadar, Place du Registan, medersa Chir-Dor,  Ouzbékistan ; Province de Samarcande ; Samarcande, 1890
Paul Nadar, Place du Registan, medersa Chir-Dor, Ouzbékistan ; Province de Samarcande ; Samarcande, 1890 © Ministère de la Culture, MPP, diff. GrandPalaisRmn Photos
PAUL NADAR AU TURKESTAN (1890)