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Gabriel, Bretocq, Façade sur cour, Eure, Normandie
Gabriel, Bretocq, Façade sur cour, Eure, Normandie © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo

Sites et monuments

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Les objets

visite guidée

Gustave-William Lemaire (1848-1928)

Les photographies s'inscrivent dans la période 1890-1925. « Les châteaux d'un pays ne constituent pas seulement une partie de son patrimoine artistique : ils sont aussi le reflet et le témoignage vivant de son histoire » (Hector Saint-Sauveur in Châteaux de France extérieurs et intérieurs, vol. 1, 1912). → Toutes les photos de Gustave-William Lemaire sur la Plateforme Ouverte du patrimoine (POP) ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES On sait qu'il est né à Londres, d'un père instituteur. Installé à Vineuil, dans le Loir-et-Cher, entre les années 1881 et 1921, il y est propriétaire d'une exploitation agricole qui jouxte « Le Tertre », la propriété familiale. La maison est située dans un village au coeur du Val de Loire, proche de Chambord, Cheverny et Blois. La famille est composée de son épouse Augustine et de leurs fils, René-Daniel (1881-1974) et Robert-Auguste (1884-date inconnue). Entre 1900 et 1921, il photographie un nombre important de châteaux en France : architecture extérieure et mobilier, scènes de la vie quotidienne, chasse à courre. Châtelains, gens de maison, jardiniers et palefreniers posent pour l'« amateur ». Mais en est-ce vraiment un ? Cette étonnante production et la qualité de celle-ci laissent en effet penser que Lemaire a pu notamment être le fournisseur d'un éditeur de cartes postales, dont la diffusion est alors considérable. L'ensemble photographique ainsi constitué est un témoignage précieux des lieux de vie des aristocrates et de la grande bourgeoisie à la Belle Époque : Lemaire documente les salons mais aussi les communs. Dans ce décor, le temps est comme suspendu, les « modèles » du photographe sont figés dans leurs poses. Architecture des jardins, décoration intérieure, monuments classés mais aussi tenues vestimentaires et exposition des codes sociaux et des marqueurs de la société bourgeoise (comme l'irruption de l'automobile), telle est la richesse de ce corpus photographique.   SON ACTIVITÉ DE PHOTOGRAPHE À partir de 1880, il est correspondant de la revue l'Illustration, puis, vers 1881, il installe un studio de photographie à Vineuil. Ses photographies sont éditées dans des ouvrages ou sous forme de cartes postales à destination des châtelains, ceux-ci utilisant les tirages pour la promotion de leur château. LE FONDS LEMAIRE À LA MPP Le fonds est constitué de six mille quatre cent quatre-vingt quatorze plaques de verre au gélatino-bromure, essentiellement au format 18x24 cm et de quatre cent vingt tirages au format 18x22 cm. Les photographies s'inscrivent dans la période 1890-1925. Ce fonds a été acheté par l'État en mars 1986 en vente publique à Chartres.     SOURCES ET ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUES - Hector Saint-Sauveur, clichés de G.W. Lemaire, Châteaux de France anciens et modernes. Intérieurs et extérieurs, Paris, Librairie générale de l'architecture et des arts décoratifs, Ch. Massin Éditeur, 1912. - Les beaux châteaux de France in La Vie à la campagne, n°183, mai 1914 [photographies de G.W. Lemaire]. EXPOSITION - Photographies au jardin, 1851-1987 [exposition collective], Jas Hennessy et Cie, Cognac, 1er juin-31 août 2012. - Maison Moët et Chandon, Épernay, 2 juin-31 août 2012. À LA DÉCOUVERTE DES CHÂTEAUX   Lemaire prenait souvent les mêmes points de vue pour chaque château : la façade principale, l'ensemble du bâtiment avec un plan d'eau au premier plan, l'aménagement du parc, quelques pièces richement décorées avec leur mobilier. Ses photographies sont intéressantes : aux vues d'architecture il allie des scènes animées comprenant des personnages tels que les châtelains posant devant leur château, les enfants jouant, les animaux domestiques, les jardiniers au travail, la chasse à courre. Il anime ses photographies en mettant en scène les habitants de ces châteaux. Carte de répartition des photographies de Lemaire dans l'Atlas des Patrimoines. Toutes les images sont de Gustave-William Lemaire © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photograhie, diffusion GrandPalaisRmn Photo

Gustave William-lemaire, Ensemble sur parc, 1900-1920.
Gustave William-lemaire, Ensemble sur parc, 1900-1920. © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Gustave-William Lemaire (1848-1928)

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Jacques Pierre (1931-2007)

Entre 1963 et 2005, Jacques Pierre (1931-2007) parcourt la France. → Toutes les photos de Jacques Pierre sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP) BIOGRAPHIE Jacques Pierre est né le 5 février 1931 à Condé-sur-l'Escaut (Nord Pas-de-Calais). Élève de l'École centrale de Paris, il entre comme ingénieur en 1954 à la Régie Renault où il intègre la direction des recherches et développements. Il mène également une carrière d'enseignant à l'ENSTA (École nationale supérieure des techniques avancées) pendant quinze ans, où il crée l'enseignement de la « physique du véhicule ». Il décède le 12 avril 2007 à Vaucresson (Hauts-de-Seine). ACTIVITÉ DE PHOTOGRAPHE Pendant une quarantaine d'années, il parcourt la France en s'inspirant des itinéraires dressés par les Guides bleus des éditions Hachette. Tout particulièrement intéressé par l'architecture régionale, c'est un passionné qui sillonne la France et en photographie le patrimoine religieux et le petit patrimoine rural peu répertorié. Membre du photo-club de l'Étang-la-Ville, dans les Yvelines, et de l'association Art et culture de Vaucresson, il organise des projections de ses diapositives dans le cadre de conférences. Il fait l'acquisition dans les années 1990 d'un matériel photographique semi-professionnel : un boîtier Canon EOS 5 équipé d'objectifs à décentrement qui redressent les images. Ce corpus photographique est constitué de paysages, notamment de montagne, de vues de villages et de monuments, de fontaines, de pigeonniers et de moulins, mais aussi de détails d'architecture (chapiteaux, façades à pans de bois, statues, intérieurs des églises). Le sujet principal du fonds est le tourisme national : les titres des séries sont des notions géographiques, qui renvoient en partie aux anciennes provinces françaises et non aux régions administratives actuelles. LE FONDS JACQUES PIERRE À LA MPP Ce fonds est constitué de 9988 diapositives couleur au format 24 x 36 mm prises entre 1963 et 2005. Mme Jehl, son héritière, lègue le fonds photographique à M. Patrick Baudoin, ingénieur centralien, qui en fait don à l'État en 2006.   Toutes les images sont de Jacques Pierre, © Ministère de la Culture (France), Médiathèque dupatrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo.

Jacques Pierre, Ruine du château de Tournoël, Volvic, 1966
Jacques Pierre, Ruine du château de Tournoël, Volvic, 1966 © Ruine du château de Tournoël, Volvic, 1966
Jacques Pierre (1931-2007)

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Lucien Roy (1850-1941)

Lucien Roy lègue en 1941 ses photographies à la SFA qui les dépose en 1998 à la MPP. Cet ensemble est composé d'autochromes (ADI), de négatifs noir et blanc et de tirages réunis dans des petits albums. → Toutes les photos de Lucien Roy sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP)   BIOGRAPHIE Né à Nantes le 4 septembre 1850, Lucien Roy s'installe à Paris en 1871 pour suivre les cours à l'école des Beaux-arts. Élève aux ateliers Bourgerel et Vaudremer, il est diplômé en 1886. Architecte diocésain en 1892, il passe le concours d'architecte en chef des Monuments historiques en 1893. Il est alors chargé des arrondissements d'Étampes et Corbeil, en 1901, de la Haute-Vienne et du Loiret en 1902, du Cher en 1912, du Loir-et-Cher et de Paris en 1915 (hôtel Crillon, École militaire, Invalides et Val-de-Grâce). Il est aussi architecte de la section française de l'exposition universelle de 1900. Membre du conseil d'administration de la Société française d'archéologie (SFA), il participe à des excursions à travers l'Europe et l'Afrique du Nord. Il prend sa retraite en 1926. Il lègue en 1941 ses photographies à la SFA qui les dépose en 1998 à la MAP. Cet ensemble est composé d'autochromes (ADI), de négatifs noir et blanc et de tirages réunis dans des petits albums. RÉALISATIONS ARCHITECTURALES Restaurations des églises de Bénévent-l'Abbaye, Saint-Léonard de Noblat, Saint-Benoît-sur-Loire, Solignac, château de Chenonceaux et Langeais, hôtel de ville de Verdun. À titre libéral, il construit l'église Sainte-Catherine à Villeneuve-sur-Lot. Il s'occupe de la construction des châteaux de La Châtaigneraie à Avessac (Loire-Atlantique), du Bois-Chicot à Servon (Manche) et de Beauregard à Cléguerec (Morbihan). En 1903, il construit la maison paroissiale Saint-Antoine des Quinze-vingts au n° 57 rue de Charenton à Paris. Il est aussi architecte communal dans la région de Cognac, notamment pour les établissements scolaires.   LES AUTOCHROMES Voyages au Maghreb   BIBLIOGRAPHIE Les architectes en chef des Monuments historiques, 1994, p. 44 Congrès archéologique de France, Paris, 1934, p. 282. 1793-1907. Les architectes élèves de l'École des Beaux-arts, Paris, Delaire, p. 236. Dictionnaire par noms d'architectes des constructions élevées à Paris aux XIXe et XXe siècles, t.IV, p. 74. Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler, t.XXVI (Dictionnaire général des artistes Thieme et Becker).   Toutes les images sont de Lucien Roy © Dépôt de la Société française d'archéologie, ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo.

Lucien Roy, Palais devenu hôpital, ses façades se reflétant dans un bassin Marrakech (Maroc), 1924.
Lucien Roy, Palais devenu hôpital, ses façades se reflétant dans un bassin Marrakech (Maroc), 1924. © Dépôt de la Société française d'archéologie, Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Lucien Roy (1850-1941)

Gabriel Bretocq (1873-1961)

Si Gabriel Bretocq (1873-1961), dit l’abbé Bretocq, a exercé son ministère de 1899 jusqu’à la fin de ses jours, devenant même chanoine honoraire de la cathédrale d’Évreux (Eure) en 1955, le sacerdoce ne fut pourtant pas l’unique vocation de ce curieux des choses. La consultation de son dossier de demande pour la croix de chevalier de la Légion d’honneur montre, qu’au-dessus de la mention « curé » tapuscrite, a été ajoutée à la plume celle d’« archéologue ». C’est d’ailleurs cette fonction qui le désigne en priorité sur la couverture du dossier. Comme beaucoup de prêtres de la fin du 19e et du début 20e siècles, l’abbé Bretocq avait un appétit marqué pour l’histoire – en particulier ses traces matérielles – sa quête et la diffusion des connaissances qui en résultaient. Membre de plusieurs sociétés savantes, parmi lesquelles la Société française d’archéologie (SFA) et l’association des Monuments et Sites de l’Eure dont il était natif, l’abbé Bretocq apparaît également au sein du Touring Club de France. Cette dernière association avait pour but de rassembler des amoureux de voyage, mais aussi de la photographie. L’abbé se piqua d’intérêt pour cette technique, qu’il mit largement à contribution pour faire le recensement iconographique du patrimoine religieux de sa région natale, la Normandie, ainsi que de la Bretagne. Considéré comme l’un des précurseurs de l’Inventaire dans ce domaine, il fit bénéficier de ses clichés le service naissant des Monuments historiques, participant de la sorte à la protection du patrimoine national. Loin de s’en tenir à la Normandie et à la Bretagne, et à la seule thématique religieuse, Bretocq rapporta de ses pérégrinations des plaques illustrant paysages et sites de tous les lieux visités en France, donnant à voir le pays sous tous ses aspects patrimoniaux. Pendant la Grande Guerre, Gabriel Bretocq fut affecté comme ambulancier dans l’armée d’Orient. À la fin de la guerre, il fut maintenu en service à la demande du général Henri Gouraud (1867-1946), commandant en chef de l’armée du Levant. Ce dernier, également haut-commissaire de la République en Syrie et Cilicie (actuelle Arménie), lui confia la mission de couvrir photographiquement toutes les richesses des territoires moyen-orientaux alors sous administration française. Entre 1918 et 1922, Bretocq parcourut, avec son appareil, la Syrie, la Palestine, le Liban, la Cilicie, l’Égypte et la Turquie, emmagasinant nombre de vues immortalisant paysages, monuments, sites remarquables, mais aussi portraits et scènes de rues. À son retour en France, l’abbé utilisa le matériau collecté pour faire connaître ces richesses sous forme de publications, de cartes postales et de conférences-projections. Son intérêt pour les témoignages de l’histoire locale et étrangère lui valut nombre de reconnaissances officielles. En 1923, il fut fait officier d’Académie, puis officier de l’Instruction publique en 1933 pour son apport à la science. Sa carrière scientifique fut couronnée par le titre de chevalier de la Légion d’honneur en 1951. Aujourd’hui, le fonds photographique Bretocq rassemblé à partir de divers fonds présents dans les collections de la MPP (Grande Guerre, Touring Club, Musée des Monuments français), se compose de plusieurs centaines de plaques de verre, de vues stéréoscopiques et de tirages. Il donne un aperçu élargi du travail de cet amoureux du patrimoine et de l’histoire, dans son cadre national et moyen-oriental. Actuellement, la base Mémoire présente 1 033 clichés de l’abbé Bretocq, dont 126 de sa mission au Moyen-Orient. Fatima de Castro janvier 2026      

Abbé Bretocq, Pont ancien et église abbatiale, Moutier-d'Ahun, Creuse
Abbé Bretocq, Pont ancien et église abbatiale, Moutier-d'Ahun, Creuse © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Gabriel Bretocq (1873-1961)

Photographie

Alfred-Nicolas Normand (1822 - 1909)

Alfred-Nicolas Normand (1822-1909) fut architecte et un brillant calotypiste du 19e siècle. → Toutes les photos d'Alfred-Nicolas Normand sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP) Alfred-Nicolas Normand est fils d'architecte, admis en section architecture à l'école des Beaux-arts de Paris en 1842, il obtient le Grand Prix de Rome en 1846. Pensionnaire à la Villa Médicis de 1847 à 1851, il travaille sur des projets de restauration de monuments antiques en Italie. Dès 1851, Alfred-Nicolas Normand s'initie à la photographie. Elle joue un rôle important dans son parcours d'architecte, brillant calotypiste au mitan du siècle, il revient à la pratique de la photographie dans les quinze dernières années du 19e siècle. Les fonds de la MAP témoignent de cette fructueuse activité photographique. ALFRED-NICOLAS NORMAND, CALOTYPISTE « On appelle génériquement "calotype" la technique, élaborée en 1841 par l'anglais William Henry Fox Talbot, permettant d'enregistrer son point de vue, au fond d'une chambre obscure, sur une simple feuille de papier enduite d'un produit sensible à l'action de la lumière. Cette image aux valeurs inversées, le négatif, appelé aussi "cliché", rendu translucide, permet de réaliser une infinité d'épreuves positives » (Sylvie Aubenas, Paul-Louis Roubert). En avril 1851, lorsqu'il rencontre à Rome Maxime Du Camp et Gustave Flaubert, qui rentrent de leur périple en Orient en possession d'un volume important de négatifs réalisés par Du Camp, Alfred-Nicolas Normand a déjà produit quelques vues de la ville. Il effectue plusieurs tirages d'après les négatifs de Du Camp. Conforté dans sa pratique, il entame une série de calotypes de Rome, Pompéi, Palerme, Athènes, puis de Constantinople (1851-1852). « Certains artistes venus de France, d'Angleterre ou d'autres régions d'Italie, présents à Rome autour de 1850, se sont passionnés pour la photographie. Il semble donc naturel qu'ils aient choisi comme point de ralliement le fameux Caffè Greco, situé dans l'environnement immédiat de la Villa Medicis et de la Piazza di Spagna, au cœur de leur territoire. Rome devint ainsi le siège d'un des premiers cercles photographiques de calotypistes (...) » : Flachéron, Constant, Normand, Caneva et Anderson sont considérés comme les plus représentatifs de ce cercle photographique romain. « En dehors des nombreuses vues de la Villa Médicis qui représentent son environnement immédiat, l'architecte produit des calotypes de monuments antiques sur le Forum correspondant, pour la plupart, à son projet de restauration »  (Guillaume Le Gall).   SON ACTIVITÉ D'ARCHITECTE De retour à Paris, il est nommé inspecteur des travaux de la ville de Paris et travaille sous la direction de Victor Baltard (1805-1874). En 1853, il reçoit  une commande importante du prince Jérôme Napoléon : l'édification d'un palais pompéien, avenue Montaigne à Paris : les travaux commencent en 1854 mais le bâtiment est abandonné après 1870 puis détruit en 1891. « L'originalité de la construction, l'intelligence  que montre Normand dans l'utilisation d'éléments et de motifs antiques adaptés à une construction moderne, et aussi les fêtes somptueuses qui y sont données, lui assurent une grande notoriété (...) » (Philippe Néagu). Une brillante carrière s'ouvre désormais à lui : château et tombeau de Liancourt, marché public de Grenelle, hospice de ville de Saint-Germain-en-Laye, restaurations de l'Arc de Triomphe de la place de l'Étoile à Paris et de la colonne Vendôme. En 1861, Alfred-Nicolas Normand est nommé inspecteur général des édifices pénitentiaires. Dans ce domaine, il faut particulièrement distinguer la construction de la prison de Rennes (1867-1876). Il devient membre de l'Institut en 1890 puis, de 1898 à 1900, président de la Société centrale des architectes.   LA PHOTOGRAPHIE, REPRISE D'UNE PRATIQUE Sa passion pour la photographie le reprend en 1887. Jusqu'en 1891, il réalise, à l'occasion de voyages qui le conduisent en Tunisie, en Égypte, en Russie, en Suède, au Danemark, dans l'Empire austro-hongrois, en Suisse, en Italie, plus de trois mille cinq cents clichés sur support souple de format 18 x 24 cm. La grande qualité plastique de son œuvre photographique est reconnue par ses pairs : il est nommé vice-président de la Société française de photographie quelques années avant sa mort.   LE FONDS NORMAND À LA MAP En 1946, l'État reçoit en don du docteur Cayla une partie de la collection de négatifs au gélatino-bromure d'argent avant de procéder à l'acquisition d'un ensemble de calotypes, en 1975. Le docteur Cayla est le petit-fils de Normand. Il en a dressé un portrait sensible dans un texte paru en 1978 : « Alfred-Nicolas Normand eut pendant toute sa vie le besoin de voir et de connaître les chefs-d'œuvre du passé (…). Notre époque prend conscience de l'importance des images photographiques anciennes (…). En présentant celles d'un architecte de haute conscience, nous [rappelons] qu'il était le contemporain de Garnier et d'Hermant, [qu'il] était proche de Baltard et de Labrouste (…) formant une riche lignée française ». Le fonds est composé de 1781 négatifs souples au gélatino-bromure de format 18x24 cm, de 252 tirages sur papier albuminé dont 23 tirages sans négatifs. 134 calotypes sont en dépôt au musée d'Orsay (Paris). SOURCES ET ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE   - Le calotype en France, 1843-1860 [catalogue d'exposition], Paris, Bibliothèque nationale de France-Éditions Gallimard, 2010. - Éloge du négatif: les débuts de la photographie sur papier en Italie (1846-1862) [catalogue d'exposition], Paris, Paris musées, 2010. - Voir l'Italie et mourir. Photographie et peinture dans l'Italie du XIXe siècle [catalogue d'exposition], Paris, Musée d'Orsay, Skira/Flammarion, 2009. - Roma 1850, Il circolo dei pittori fotografi del Caffè Greco - Rome 1850, Le Cercle des artistes photographes du Caffé Gréco [catalogue d'exposition], Milan, Electa, 2003. - Sylvie Lécallier, Alfred-Nicolas Normand, architecte photographe, Ministère de la Culture et de la Francophonie, Mission du patrimoine photographique, 1994. - Alfred Normand : Calotypes 1851-52, photographies d'Italie, de Grèce et de Constantinople [catalogue d'exposition], Gorle/Bergame, Grafica Gutenberg, 1978. - Alfred-Nicolas Normand architecte, photographies de 1851-1852 [catalogue d'exposition], s.l., [1978].  

Alfred-Nicolas Normand, Tours et pont sur la Lys, extra-muros, Courtrai, Flandres, Belgique, 1891. © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Alfred-Nicolas Normand, Tours et pont sur la Lys, extra-muros, Courtrai, Flandres, Belgique, 1891. © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Alfred-Nicolas Normand (1822 - 1909)