Dany Gander-Gosse, Homme discutant avec Daniel Cohn-Bendit, Place de l'Odéon, Paris, mai 1968

Dany Gander-Gosse a fait don de son œuvre photographique à l’État en 2021.

Née en 1946, Dany Gander-Gosse est une photographe française. Titulaire d’un CAP de photographie, elle commença sa carrière en animant un atelier photo au sein des Maisons des Jeunes et de la Culture de Bobigny et de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), ainsi qu’au festival d’été d’Avoriaz (Haute-Savoie). Ses premiers reportages datent de la fin des année 1960, période durant laquelle elle photographia l’Iran, l’Afghanistan, le Népal et l’Inde, s’intéressant essentiellement à la vie quotidienne des populations locales.

Dany Gander-Gosse, Petite fille, Vallée de Katmandou, 1968
Petite fille, Vallée de Katmandou, 1968

En 1970, elle devint photographe de presse pour les magazines Actuel, L’Express, Télérama et Le Nouvel Observateur. Elle se consacra aux photographies de concerts en travaillant avec son mari, le critique musical Jean-Pierre Lentin, pour Le Monde de la musique et le Festival d’automne à Paris. Ses images témoignent de la vigueur et de la variété de la scène musicale des années 1970 et 1980 : la musique médiévale de Jean Belliard, le rock américain de Frank Zappa et français de Mama Béa, le rock avant-gardiste d’Albert Marcœur, la musique folk de Joan Baez, le jazz de Don Cherry et de Sun Ra, les expérimentations sonores de Bernard Baschet, les voix de Léonard Cohen et Robert Charlebois. Elle immortalisa également l'euphorie des participants au festival de l'île de Wight.

Dany Gander-Gosse, Concert de Leonard Cohen, 1969
Concert de Leonard Cohen, 1969

Ses images restituent l’effervescence de la France d’après 1968. Elles couvrent les mouvements de contestation sociale, les manifestations féministes ou le militantisme homosexuel. En 1972, son reportage sur la rencontre de Simone de Beauvoir avec les ouvriers de l'usine de Méru (Oise) illustra le texte En France, aujourd’hui, on peut tuer impunément (‎Indigène Éditions, 2015). Elle enregistra également les transformations urbaines et architecturales de la ville de Paris : destruction des Halles de Baltard et du bidonville de la Campa à La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

Dany Gander-Gosse, Manifestation d'étudiants du Lycée Buffon, Paris, 1971
Manifestation d'étudiants du Lycée Buffon, Paris, 1971

Les photographies de Dany Gander-Gosse documentent le phénomène communautaire en France et à l’étranger. Une sélection de ses photographies illustra l’ouvrage Les Aventures communautaires de Wao Le Laid réalisé avec Gotlib (Pierre Belfond, 1974). Ses clichés en noir et blanc restituent la variété de modes de vie alternatifs des individus refusant de s'assujettir aux idéologies politiques et culturelles de l'époque. Elle s’intéressa à la vie errante des membres de la Hog Farm, (la ferme aux cochons), une des communautés les plus radicales née dans la vallée de San Fernando (Californie). Ceux-ci traversèrent l’Europe en bus, contribuant à diffuser les valeurs hippies d'amour, de paix et de partage. Elle photographia également la communauté de la Pieuvre, installée dans une ferme du Vaucluse, qui se caractérisait par l'absence de normes d'hygiène et l’anarchie vorace au moment des repas. Enfin, elle captura les rites orientaux des communautés religieuses, ainsi que les fêtes profanes des communes éphémères qui revendiquaient la liberté sexuelle.

Dany Gander-Gosse, Autostoppeuses, s.d.
Autostoppeuses, s.d.

Parallèlement à sa carrière de photographe d'actualité, elle cultivait une passion pour l’horticulture. Elle travailla à l’École du Breuil (1982-1984) et aux parcs et jardins de la Ville de Paris (1985-1989), enseigna le métier de jardinier pour l’association Eurofrancili-Didaction et devint coordinatrice de la formation continue à l’École nationale supérieure d’horticulture à Versailles (1990-1995). À la fin de sa carrière, elle travaillait à la DEVE (direction des espaces verts et de l'environnement) de la Ville de Paris.
En tant que photographe, elle se spécialisa à cette époque dans l'art des jardins et la botanique, privilégiant une approche scientifique pour restituer la diversité des végétaux et choisissant la couleur pour valoriser le patrimoine naturel. Sa passion fut prétexte à de nombreux voyages, comme au Viêtnam où elle réalisa des diapositives dans le Jardin botanique et zoologique de Saïgon, dont bonsaïs et arbres ornementaux font la réputation. Elle est l’auteur du Guide des Maîtres jardiniers (Bordas, 1993) et co-auteur du Manuel de l’apprenti jardinier (Bonneton Jeunesse, 2005), qui s’adresse à un jeune public. Ses images parurent également dans le Guide des Jardins de France (Hachette Tourisme, 1990).
En 2021, Dany Gander-Gosse a fait don de son œuvre photographique à l’État.

Dany Gander-Gosse, Bidonville, Saint-Denis, 1973
Bidonville, Saint-Denis, 1973
Exposition
Mécaniques de l'exploit, le corps à l'épreuve du sport

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), musée Paul-Éluard, jusqu'au 25 novembre