Expositions universelles et coloniales (1889-1937)

Les expositions universelles (1889-1937)


La MAP conserve des ensembles photographiques relatifs aux expositions universelles et coloniales. De la commande publique aux fonds d'amateurs, ils éclairent ces moments forts qui ont ponctué la vie culturelle française de 1855 à 1937. Cette visite guidée est également une incitation à découvrir la photographie associée à l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels de 1925.

 

Dès 1855, les développements techniques associés à la photographie sont présentés dans la section 26 du palais de l'Industrie intitulée « Dessin et plastique appliqués à l'industrie ». Le jury de l'exposition y examine avec intérêt les épreuves de « monuments gothiques de M. Legray et M. Lesecq » (sic), deux photographes ayant participé à la Mission héliographique, la première commande photographique de l'État initiée par la commission des Monuments historiques en 1851.


Une part des expositions universelles constitue un sujet photographique en soi. Dès 1867, des photographes obtiennent des commandes du commissariat général de l'exposition. Ces photographies permettent de garder la trace de ces événements éphémères.
Dans des vues statiques et très composées, les photographes saisissent les architectures pérennes comme le pont Alexandre III, ou éphémères comme la reconstitution du temple d'Angkor-Vat. Les photographes travaillant pour l'administration des Beaux-arts ont régulièrement oeuvré pour les expositions universelles. Médéric Mieusement photographie les monuments en cours de restauration pour l'exposition de 1878. Les architectes perçoivent rapidement dans la photographie un moyen de documenter et de mettre en valeur leur réalisations.


L'exposition de 1900 présente une rétrospective de l'oeuvre de Félix Nadar et son atelier réalise le portrait de plus de deux mille exposants. À partir de l'exposition coloniale de 1931, avec l'essor de la presse illustrée, les photographes professionnels fournissent aux magazines les images d'un empire colonial au faîte de sa puissance. Quand 1937 clôt le chapitre des expositions internationales parisiennes, la photographie y occupe une place essentielle « et beaucoup s'accordent à dire que sa vigueur plastique contraste avec le manque d'innovation architecturale par rapport à 1925 » (D. Baqué). Le pavillon Photo-ciné-Phono est décoré d'une frise conçue à partir des clichés de François Kollar. 1937 consacre le « triomphe du photomontage ».

Si les architectures ont été largement photographiées, il en est de même pour les productions de l'industrie. La MAP conserve une commande consacrée aux pavillons et aux objets d'arts présentés lors de l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925. À cette occasion, Thérèse Bonney commence à photographier les salons d'arts décoratifs et collabore avec des périodiques français et américains. Ce fonds a été acquis dès 1933.

Nombre de ces photographies ont également pour objet une large diffusion commerciale. Faucher-Gudin » dessinateur-illustrateur », s'adresse en ces termes à Laure Albin-Guillot en janvier 1938, à propos de clichés de l'exposition de 1900 qu'il souhaite vendre aux Archives photographiques : « J'avais pris les clichés de l'exposition pour éditer une collection de cartes postales ».

Notes :

  • Visite à l'exposition universelle de Paris, en 1855, publié avec la collaboration de MM. Alcan, Baudement, Boquillon, [et al.] sous la direction de M. Tresca, Inspecteur principal de l'exposition, Paris, L. Hachette et Cie, 1855.
  • Les Archives nationales ont mis en ligne des documents iconographiques provenant du répertoire méthodique (sous-série F/12) de l'exposition universelle de 1867 à Paris.

 

Sources et orientation bibliographique

  • Exotiques expositions... Les expositions universelles et les cultures extra-européennes, France, 1855-1937 [catalogue d'exposition], Paris, Somogy éditions d'art, Archives nationales, 2010.
  • Dreamlands, Des parcs d'attraction aux cités du futur [catalogue d'exposition], Paris, Centre Pompidou, 2010.
  • Paris et ses expositions universelles, architectures, 1855-1937 [catalogue d'exposition], Paris, Éditions du Patrimoine, 2008.
  • Caroline Mathieu, Les Expositions universelles à Paris : architectures réelles ou utopiques [catalogue d'exposition], Paris-Milan, Cinq continents éditions, Musée d'Orsay, 2007.
  • Dominique Baqué, Les Documents de la modernité. Anthologie de textes sur la photographie de 1919 à 1939, Éditions Jacqueline Chambon, 1993.
  • Le Geste et l'image de l'homme au travail [catalogue d'exposition], Paris, CNMHS, 1990.
  • André Rouillé, La Photographie en France. Textes et controverses : une anthologie, 1816-1871, Paris, Macula, 1989.
  • Bertrand Lemoine, La Tour de Monsieur Eiffel, Paris, Gallimard, 1989.
  • Pascal Ory, Les Expositions universelles de Paris, Paris, Ramsay, 1982.
  • Jean-Jacques Bloch, Marianne Delort, Quand Paris allait à « l'Expo », Paris, Marabout Université, 1980.