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Les visites virtuelles des fonds portraits, spectacles et cinéma de la MPP

Découvrez les virtuelles des fonds portraits, spectacles et cinéma, en parcourant les photographie du Studio Harcourt, de Roger corbeau et de Thérèse Le Prat.

Les objets

visite guidée

STUDIO HARCOURT (1934-1989)

→ Toutes les photos du studio Harcourt sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP) «En France, on n'est pas acteur si l'on n'a pas été photographié par les studios d'Harcourt », Roland Barthes(1). LA MISE EN PLACE D'UN STYLE (1934-1940) Le studio Harcourt est créé en 1934 par les frères Lacroix, patrons de presse, Robert Ricci, fils de la couturière Nina Ricci, et Cosette Harcourt. L'objectif est de répondre au besoin d'images des deux frères pour leurs publications, les revues. Cosette Harcourt, née Germaine Hirschefeld, riche de son expérience dans le studio des frères Manuel, spécialisé dans le portrait et la photographie industrielle, devient rapidement la cheville ouvrière du projet. Elle met en place une stratégie bien définie qui permet, en peu de temps, de séduire la clientèle et de fonder la renommée du studio. Utilisant les éclairages du cinéma, celui-ci développe rapidement une esthétique nouvelle. Chacun de ses tirages est repérable entre tous grâce à la griffe Harcourt qui évolue au fil des années. Installé à partir de 1938 dans un luxueux hôtel particulier au 49, avenue d'Iéna à Paris, le studio Harcourt devient le lieu de passage des personnalités qui font le « Tout-Paris » UN ATELIER DE PORTRAIT SOUS L'OCCUPATION (1940-1944) Dans Paris occupé, après juin 1940, le studio Harcourt accroît son activité et, modernisant ses installations, devient rapidement le premier studio de portrait de la capitale suite à la fermeture de ses principaux concurrents, les frères Manuel. Jean Lacroix, après avoir négocié avec l'occupant la fourniture des matières premières nécessaires (pellicules et produits chimiques), lance un nouveau magazine grand public : Vedette. L'illustration en est largement assurée par le studio. En première page s'affiche alors immanquablement le portrait d'un acteur ou d'un chanteur de variété, siglé de la griffe Harcourt. Rejoint par des photographes de plateau reconnus comme Raymond Voinquel ou Roger Foster, Harcourt « fixe dans les plus modernes studios du monde des visages aussi attentivement scrutés par les artistes qui les photographieront, que l'étaient, par leurs peintres favoris, les belles dames du siècle dernier »(2).   LES HEURES DE GLOIRE DU STUDIO (1944-1970) En 1944, les Américains succèdent aux soldats allemands. C'est pour le studio la période de son apogée. En 1947, pour attirer une clientèle étrangère, il publie une petite brochure en anglais (Portrait of the to-day)(3) dans laquelle est décrit le parcours d'un client dans l'hôtel particulier décoré par Claude Schurr. Après avoir choisi la pose qui le met en valeur, le modèle passe entre les mains d'une maquilleuse qui, « soulignant ou accentuant un regard [...] rend possible un rendu plus fidèle du visage que les anciens procédés de retouche ». Il rejoint alors le studio où officie l'un des huit photographes employés par l'entreprise dans ces années fastes. Après la séance, les négatifs sont développés sur place et confiés à la retouche. Une fois les épreuves griffées du sigle Harcourt, elles sont remises au client dans l'un des salons. LA CLIENTÈLE DU STUDIO HARCOURT Écrivains, artistes de variété, comédiens, hommes politiques, danseurs ou peintres s'y font photographier. Formidable entreprise photographique, le studio Harcourt fait travailler jusqu'à quatre-vingts personnes (4) : maquilleuses, éclairagistes, photographes, tireurs et retoucheuses. Les photographies des acteurs diffusées dans la presse et les salles de cinéma de l'époque attirent la bourgeoisie parisienne, assurant ainsi le succès économique de l'atelier dans les années 1950-1960. Le studio réalise plus de quatre cent mille commandes entre 1934 et 1979. LE FONDS HARCOURT À LA MPP Au début de l'année 1989, le studio, dirigé par Antoine Hours, connaît des difficultés financières. Ce dernier envisage de céder à une institution publique les négatifs anciens entreposés dans un garde-meuble à Aubervilliers. En juillet 1989, le ministre de la Culture Jack Lang, conscient de l'intérêt patrimonial du fonds, décide de procéder à l'achat des collections photographiques du studio Harcourt. Cette acquisition porte sur quatre millions de négatifs de 1932 à 1979, le fichier client et les planches contact. La cession est signée le 14 novembre 1989 et permet de sauvegarder cet ensemble à l'avenir incertain. Le ministère de la Culture devient dépositaire, conservateur et gestionnaire du fonds et il en confie la charge au service des Archives photographiques (fort de Saint-Cyr). Le 10 octobre 1991, la société « Les studios photographiques Harcourt » est déclarée en redressement judiciaire par un jugement du tribunal de commerce de Paris. À cette occasion, l'Association française pour la diffusion du patrimoine photographique se porte acquéreur d'environ quatre-vingt mille négatifs produits par le studio durant la période 1980-1991 et de trois cents tirages. Le fonds s'organise en deux grands ensembles : une série intitulée Célébrités, constituée au fil de son activité par le studio dans un but commercial, et une série dite Anonymes, qui regroupe l'ensemble des commandes depuis les années 1930, classées selon un ordre chronologique. Chacune d'elle comporte de 4 à 25 vues et les tirages de contact correspondants. Un fichier alphabétique, dit fichier client, regroupant environ 250 000 fiches comportant chacune nom, prénom, adresse et numéro(s) de commande, permet l'accès aux négatifs. Quelques documents d'archives sont joints au fonds. Depuis 2005, la MPP a numérisé et mis en ligne une petite partie de la série Célébrités. La saisie informatique du fichier client est actuellement en cours. Des tirages et des documents d'archives du fonds Harcourt sont régulièrement prêtés par la MPP pour des expositions, notamment « Générations, un siècle d'histoire culturelle des Maghrébins en France » à la cité nationale de l'histoire de l'immigration en 2009-2010, lors de laquelle une quarantaine de portraits a été présentés. Depuis 2007, la diffusion commerciale est assurée par l'agence photographique de la Réunion des musées nationaux. Racheté plusieurs fois depuis 1991, le nouveau studio Harcourt-Paris poursuit son activité et perpétue la grande tradition des ateliers parisiens de portrait. SOURCES ET ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE - Françoise Denoyelle, studio Harcourt 1934-2009, Paris, éditions Nicolas Chaudun, 2009. - Dominique Baqué, Françoise Denoyelle, studio Harcourt, cinquante ans de mythes étoilés, Paris, éditions Marval, 1992. - Françoise Denoyelle, Harcourt, Les poches du Patrimoine photographique, Besançon, éditions La Manufacture, 1992. - Claude-Jean Philippe, studio Harcourt 1, Paris, éditions Seghers Archimbaud, 1987. - Claude-Jean Philippe, studio Harcourt 2, Paris, éditions Seghers Archimbaud, 1987. - Le vrai visage du temps : Photographies du studio Harcourt, Montrouge, imprimerie Draeger, 1943. - Portraits, s.l., imprimerie Draeger, s. d.

Studio Harcourt, Joséphine Baker, 1939
Studio Harcourt, Joséphine Baker, 1939 © Studio Harcourt, Joséphine Baker, 1939
STUDIO HARCOURT (1934-1989)

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ROGER CORBEAU (1908-1995)

BIOGRAPHIE Roger Corbeau naît le 20 novembre 1908 à Haguenau (Alsace). Attiré dès son plus jeune âge par l'univers du cinéma - ce cinéphile collectionnera d'ailleurs toute sa vie les photographies du cinéma muet américain -, il décide en 1932 de s'installer à Paris. Il commence à travailler comme accessoiriste sur les films de Roger Richebé, puis de Marcel Pagnol. Avec le Kodak folding de son père, il réalise quelques portraits d'acteurs qui impressionnent le réalisateur. Ce dernier engage le jeune homme comme photographe de plateau en 1933. Il fait la connaissance de ses acteurs fétiches, tel que Raimu et Fernandel. Leur collaboration dure six ans. La conception exigeante du métier, les rapports privilégiés, amicaux, que Roger Corbeau entretient avec ces acteurs qu'il admire, son talent, l'imposent rapidement dans le monde du cinéma. Il ne cesse dès lors de travailler avec les réalisateurs les plus prestigieux, d'Abel Gance à Claude Chabrol, de Jean Cocteau à Robert Bresson et à Orson Welles. Son œuvre constitue un fervent hommage aux acteurs qui ont marqué le Septième art des années 1930 aux années 1980. Roger Corbeau n'est cependant pas un photographe de plateau au sens courant du terme. Très vite, il décide de ne pas se cantonner au travail promotionnel qui lui est commandé et impose parallèlement sa propre vision des acteurs et du film, n'hésitant pas à mettre lui-même en scène les interprètes. Arletty, Maria Casarès, Martine Carol, Danièle Darrieux, Michèle Morgan, Louis Jouvet, Jean Marais, Yves Montand ou Anthony Perkins, tous acceptent de se plier au rituel. Fasciné par le visage, ce grand portraitiste développe un art où se mêlent un sens dramatique très aigu et la recherche d'un idéal de beauté. La plupart du temps réalisées au format carré 6x6 cm avec un Rolleiflex, les images sont ensuite recadrées par le photographe. Il accorde beaucoup d'importance au tirage : celui-ci est souvent très dense, Roger Corbeau aimant aussi flouter la scène, en plaçant notamment un bas de soie sous l'objectif de l'agrandisseur. Ces caractéristiques participent pleinement d'un univers et d'une grammaire visuelles uniques et aisément reconnaissables. De tels partis pris justifient aussi le fait que ce soient les tirages, et non les négatifs du corpus présenté ici, qui ont été numérisés. Il a photographié 160 films de 1933 à 1980, dont des longs métrages aussi prestigieux que La Femme du boulanger, La Femme et le Pantin, Orphée, Le Procès, Violette Nozière, Voici le temps des assassins. Roger Corbeau meurt à Paris en septembre 1995, à la fin de la grande rétrospective organisée par le ministère de la Culture à l'hôtel de Sully. EXPOSITIONS PERSONNELLES L'Hommage, Fondation Rollei, 39e festival de Cannes. Roger Corbeau, l'œil noir du cinéma français, Paris, hôtel de Sully, 1995. PRINCIPALES PUBLICATIONS Catalogue L'Hommage, fondation Rollei, 39e festival de Cannes. Roger Corbeau, Portraits de cinéma, Paris, éditions du Regard, 1982. Corbeau, l'œil noir du cinéma français, Paris, éditions Assouline, 1995. Le fonds Roger Corbeau est uniquement consultable sur place, soit dans notre salle de lecture à Charenton-le-Pont, dans les heures d’ouverture au public (sur commande préalable puisque le fonds n’y est pas physiquement conservé), soit sur rendez-vous au fort de Saint-Cyr.

 visage de Jodie Foster de face en 1983
Roger Corbeau, Jodie Foster dans "Le sang des autres" (1984) de Claude Chabrol © Ministère de la Culture, MPP, diff. GrandPalaisRmn Photos
ROGER CORBEAU (1908-1995)

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THÉRÈSE LE PRAT (1895-1966)

BIOGRAPHIE Thérèse Le Prat, de son nom de jeune fille Cahen, naît en 1895 à Pantin. C'est avec brio qu'elle étudie le violon, la littérature (elle devient amie de Colette) et les langues. De son mariage avec l'éditeur Guy Le Prat en 1924, elle garde son premier Rolleiflex, qu'il lui offre avant leur séparation survenue en 1930. Devenant alors photographe, elle réalise des reportages pour la Compagnie des Messageries Maritimes, ce qui l'amène à voyager en Asie, en Afrique et en Océanie. LES PREMIERS PORTRAITS D'ACTEURS : LA FASCINATION DU VISAGE En 1944, elle épouse Philippe Stern, conservateur du musée Guimet et professeur à l'École du Louvre. La photographe se tourne vers le portrait, commençant d'abord par réaliser des portraits d'enfants, puis des portraits de personnalités des mondes littéraire, artistique et scientifique. À partir de 1947, elle choisit pour modèles des acteurs, plus aptes selon elle à traduire les nuances des sentiments et des émotions qu'elle souhaite mettre en valeur. Ses deux premières publications, Visages d'acteurs en 1950, et Autres visages d'acteurs en 1952, dévoilent ces portraits qui font aujourd'hui sa renommée. Les acteurs sont photographiés de trois-quarts, sur fond noir, simplement en costume pour toute référence à la pièce. À l'opposé des photographes de théâtre de son époque, elle réalise ces portraits en dehors du cadre de la scène, dans son studio ou dans une loge, cherchant moins à reconstituer le spectacle qu'à traduire des sentiments à travers l'expression de chaque acteur, le visage devenant le reflet d'émotions profondes telles que la gravité, la mélancolie et le recueillement. Ses portraits d'acteurs sont régulièrement publiés dans des revues de théâtre comme L'Avant-Scène ou Théâtre de France. MASQUES ET MAQUILLAGE : LES MÉTAMORPHOSES DU VISAGE Par la suite, dans ses deux publications suivantes, Masques et Destins en 1955, et Le Masque et l'humain en 1959, les costumes se raréfient, deviennent plus sobres (costumes noirs ou simples drapés) et le portrait se concentre essentiellement sur les mains et le visage. Le thème du masque devient également très important, s'inspirant notamment de l'Extrême-Orient, de l'Afrique, des traditions théâtrales japonaises, du théâtre juif et du théâtre allemand. Elle cherche de plus en plus à mettre en valeur la force expressive du visage humain. Après trois ans de travail avec le mime Wolfram Mehring et la maquilleuse Grillon, Un seul visage en ses métamorphoses parait en 1964. À travers 42 clichés du même acteur, Thérèse Le Prat se concentre sur les multiples possibilités d'expression d'un même visage que lui offre le maquillage. Thérèse Le Prat meurt en 1966, laissant derrière elle un manuscrit que son mari publie la même année, En votre gravité, visages, et un ouvrage, Femmes et fleurs, qui n'est jamais publié. De son vivant, elle a photographié les interprètes de près de 250 pièces du répertoire classique ou moderne. PRINCIPALES EXPOSITIONS 1940 - Tropiques tristes, Paris, Grand Palais. 1950 - Visages d'acteurs, Paris, galerie Chez Loize. 1952 - Autres visages d'acteurs, Paris, librairie Bonaparte. 1953 - Le Petit python explorateur, Paris, librairie Bonaparte. 1953 - Salon national de la photographie, Paris, Bibliothèque nationale (exposition collective). 1955 - Masques et destins, Paris, librairie Bonaparte. 1956 - Gens d'images, Paris, galerie d'Orsay (exposition collective). 1957 - 2e biennale de la photographie, Nice (exposition collective). 1959 - Le Masque et l'humain, Paris, musée des Arts décoratifs. 1961 - Salon national de la photographie, Paris, Bibliothèque nationale (exposition collective). 1962 - Un seul visage en ses métamorphoses, Paris, musée des Arts décoratifs. 1976 - Thérèse Le Prat, Photographies, Tunis, Ambassade de France en Tunisie. 1981 - Hommage à Thérèse Le Prat, Bièvres, musée français de la Photographie. 1994 - Spectacles, Paris, hôtel de Sully (exposition collective). 1995 - Thérèse Le Prat, Paris, hôtel de Sully. BIBLIOGRAPHIE, les ouvrages de Thérèse Le Prat Visages d'acteurs, Paris, Arts et métiers graphiques, 1950. Autres visages d'acteurs, Paris, Arts et métiers graphiques, 1952. En collaboration avec Philippe Stern, Le Petit python explorateur, Paris, Arts et métiers graphiques, 1953. Masques et destins, Paris, Olivier Perrin, 1955. Jean-Louis Barrault, Hambourg, Hœppner, 1957. En collaboration avec Jean Cocteau, Jean Marais, Hambourg, Hœppner, 1959. Le Masque et l'humain, Paris, La Colombe, 1959. Le Masque et l'humain, Paris, La Colombe, 1959. Un seul visage en ses métamorphoses, Paris, Plon, 1964. En collaboration avec Philippe Stern, En votre gravité, Visages, Paris, Vilo, 1966. Catalogues d'expositions Spectacles, de la scène à l'écran (Paris, hôtel de Sully, 10 novembre 1994 – 29 janvier 1995), Paris, Marval, 1994, p. 32-55. Le Goff, Hervé et Grimot, Arlette, Thérèse Le Prat (Paris, hôtel de Sully, 8 février 1995 – 2 avril 1995), Paris, Marval, 1995. → Toutes les photos de Thérèse Le Prat sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP)

Thérèse Le Prat, Pierre Debauche : un mendiant dans Miguel Manara de Milosz, 1958.04
Thérèse Le Prat, Pierre Debauche : un mendiant dans Miguel Manara de Milosz, 1958.04 © Thérèse Le Prat, Pierre Debauche : un mendiant dans Miguel Manara de Milosz, 1958.04
THÉRÈSE LE PRAT (1895-1966)

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Raymond Voinquel (1912-1994)

Raymond Voinquel naquit à Fraize dans les Vosges en 1912. Il mourut à Paris en 1994. Passionné par le dessin et la peinture, ce petit-fils de dessinateur d'images d’Épinal s'installa à Paris en 1927. Il se mêla alors à la bohème du monde du spectacle, fit de la figuration dans plusieurs films et rencontra le photographe de plateau Roger Foster qui le forma après l'avoir engagé comme assistant. Aux côtés de Foster, le jeune photographe apprit à manier les éclairages. Il assimila vite la grammaire visuelle des clairs-obscurs du cinéma muet et expressionniste, qu'il transposa avec talent et virtuosité dans ses photographies. Voinquel s’imposa rapidement comme un grand photographe de cinéma grâce à son sens de l’éclairage et son aptitude à sublimer les acteurs. Sa carrière ne cessa d’être marquée par de prestigieuses collaborations. Photographe de plateau sans cesse sollicité, il n’en a pas moins produit une œuvre riche et variée qui dépasse le cadre du cinéma. Admirateur de Félix Nadar, Voinquel marqua aussi fortement le style du Studio Harcourt pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut le seul opérateur à obtenir dans les années 1940 le droit de signer ses portraits. « En France, on, n'est pas acteur si on n'a pas été photographié par Harcourt. » a écrit Roland Barthes (Mythologies, 1957).Comme photographe de plateau, il couvrit plus de cent soixante films entre 1931 et 1977, et collabora avec des réalisateurs aussi importants et divers que Marc Allégret et son frère Yves Allégret, Marcel Carné, Christian-Jaque, Abel Gance, Max Ophüls. Il n’eut de cesse de sublimer les visages des acteurs dans le contexte des photographies de plateau qui lui furent commandées, mais aussi chez lui, avec ses propres éclairages. Des acteurs comme Martine Carol, Danielle Darrieux, Edwige Feuillère ou Jean Marais, ou encore l'écrivain et réalisateur Jean Cocteau se prêtèrent bien volontiers à la pose. Il réalisa aussi des nus masculins dont il exalta la sensualité et la musculature. Ceux-ci sont particulièrement novateurs et annoncent des photographes tels que Bruce Weber. Photographe de mode et de publicité prolifique, il réalisa aussi des photos de voyage, des paysages de ports, de gares, de Paris la nuit, qui témoignent de sa curiosité insatiable. On y retrouve son goût pour le clair-obscur. Amoureux du beau, maître de la lumière, Raymond Voinquel, décédé à Paris en 1994, a construit une œuvre empreinte d’élégance et de sensualité. Le fonds a été acquis par l’État français en janvier 1995. La Médiathèque du patrimoine et de la photographie conserve 25 000 négatifs, 3 000 tirages originaux et de la documentation personnelle. Principales expositions Raymond Voinquel, Paris, Espace photographique de la Ville de Paris / Paris Audiovisuel, 1993. Raymond Voinquel, les acteurs du rêve, Paris, hôtel de Sully, 1997 Principales publications Raymond Voinquel, photographies 1930-1988 (propos recueillis par Danièle Laufer), Paris, Nathan Image, 1988. Patrick Roegiers, Raymond Voinquel, Paris-Audiovisuel, 1993. Raymond Voinquel, les acteurs du rêve, textes de Pierre Bonhomme, Christophe Berthoud, Françoise Denoyelle, Paris, Éditions du patrimoine/Éditions du Seuil, 1997.  

Julien Carette entouré de pêcheurs, La Marie du Port, marcel Carné, 1949
Raymond Voinquel, Julien Carette entouré de pêcheurs, La Marie du Port, marcel Carné, 1949 © Ministère de la Culture, MPP, diff. GrandPalaisRmn Photos
Raymond Voinquel (1912-1994)