Ce corpus d’Autochromes n’est pas la production d’un photographe de la SPA, mais le regroupement de celles de plusieurs opérateurs qui n’ont pas été enregistrées sous leurs lettres code propres, mais sous la lettre générique grecque oméga (ω). Ces prises de vues en couleurs s’inscrivaient dans les missions de la Section, en complément des reportages en noir et blanc. Elles sont toutefois faibles en quantité : seules 76 plaques « ω » sont mentionnées dans les livres d’entrée de la SPA. Ce sont Édouard Brissy (opérateur D), Pierre Machard (opérateur C), Paul Queste (opérateur B), Isidore Aubert (opérateur Z5) et, non inventorié, Albert Samama-Chikli (opérateur L). Tous sont présents dans les collections de l’ECPAD, les deux derniers également dans celles de la MPP. Le cas de Goulden est à part : il est l’unique donateur et ses cinq plaques, bien que inventoriées et codées pareillement « ω », ne semblent plus exister.
Le caractère de cette production reste exceptionnel : cinq rares opérateurs de la SPA manièrent la couleur sur les cent vingt-six recensés par l’ECPAD. Cela affirme leurs volontés individuelles, mais dans un cadre professionnel. Avec la venue en 1917 des nouveaux opérateurs Castelnau et Cuville, l’Autochrome devint plus intense et quasi-exclusive.
Contrairement à la pratique de la SPA, la série « ω » n’a pas fait l’objet de la tenue d’un livre opérateur propre ; deux récapitulatifs se trouvent isolés en fin de registres de légendes Z (67 numéros) et ZN (liste augmentée à 123 numéros), tous deux conservés à la MPP. L’inscription des plaques ne souffrit d’aucun retard, les premières étant réalisées dès juillet 1915, soit peu de temps après la création de la Section, et rapidement enregistrées (n° 9 818 et suite). Après 76 plaques « ω » et le livre d’entrée n° 3, la bonne tenue documentaire s’étiola. En 1918, 15 plaques médicales et 14 d’Alsace furent inventoriées, mais sans le code « ω », semble-t-il abandonné ; les nombreuses Autochromes de Samama-Chikli datant de 1916 ne le furent pas du tout et questionnent.
Le diaporama ici téléchargeable détaille les plaques de ces « petits autochromistes » de la SPA, donc hors Tournassoud, en s’appuyant sur les attributions indiquées par l’ECPAD, complétées au mieux mais, faute d’informations d’époque précises, avec des risques d’erreurs. Bien que non précisés sur les inventaires, les formats des plaques sont un réel indice, ici portés. Elles sont grandes, 13 x 18 cm, avec d’exceptionnelles 15 x 20 cm et des 10 x 12,5 cm qui se comprennent comme des reproductions.