Aller au contenu principal
3255

Missions Castelnau et Cuville, 1918 - Autochromes de la SPA

slide précédente

1 / 6

slide suivante
Tour conjointe à des maisons, dans la campagne
Fernand Cuville (1887-1927), Monastère de Chilandari, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Prêtre grec orthodoxe en costume traditionnel
Fernand Cuville (1887-1927), Le père Arthemios, Monastère de Chilandari, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Coupe en jaspe ou jasper appartenant à l'empereur Manuel Catacuzenos Paleologos (1349 - 1380)
Fernand Cuville (1887-1927), Coupe en jaspe, monastère de Vatopédi, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Fernand Cuville (1887-1927), Détail d'une mosaïque représentant le Christ en gloire, Monastère de Vatopédi, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Fernand Cuville (1887-1927), Monastère de Pantokrator, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Fernand Cuville (1887-1927), Le père Athenagoras, Monastère d'Iviron, République monastique du Mont-Athos, Grèce, 1918 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo

La guerre n’était pas finie et les opérateurs de la SPA restèrent mobilisés. Toutefois, au vu des nombreuses plaques présentes aux AdlP prises au Moyen-Orient, en Italie et en Grèce, on pourrait croire à une forme d’affectation de personnels au projet d’Albert Kahn. 113 plaques du mont Athos sont aujourd’hui conservées à la MPP, donc bien remises à l’armée. La procédure, un jeu pour l’armée, un autre pour Kahn, perdurait donc. L’accord aurait-il été modulé, orienté avec la SPA vers le sous-secrétariat d’État aux Beaux-Arts, sa demi-tutelle ? Rien ne permet de l’affirmer : les archives sont peu disertes et la mobilisation militaire continuait pleinement. 

Le jeu de plaques du mont Athos de l’armée fut, comme en 1917, entièrement terminé et de qualité, mais aucune n’a été inventoriée par la SPA, ce qui n’a rien d’étonnant. Réalisées en septembre 1918, elles ont été remises à la fin de la guerre si on tient compte des temps du voyage retour et du traitement. La Section avait, entre-temps, vécu un audit et une réorganisation imposée, en attendant sa dissolution inévitable après l’arrêt des hostilités. Le service paraît désorganisé et nombre de plaques noir et blanc produites en 1918-1919 n’ont jamais été inscrites aux livres d’entrée. Ce sont des années grises, avec des missions lancées et un service administratif aux Beaux-Arts qui ne suivait pas ; les Autochromes grecques sont loin d’être un cas à part. 

Comme en Alsace, à Noyon ou à Soissons, les plaques en couleurs du mont Athos complètent de nombreux clichés réalisés en noir et blanc par les opérateurs A, K, T et V. Les Autochromes furent indubitablement réalisées dans le cadre de la SPA. En revanche, le long voyage de Cuville en Italie au printemps-été 1918 interroge. Les prises de vues furent là encore doublées ; la méthodologie sur le terrain restait inchangée, mais les deux jeux furent conservés par Kahn. N’ont-elles pas été partagées avec la SPA, par défaut ? L’hypothèse ne peut être écartée, des plaques de Cuville prises dans l’Aisne en 1917 auraient pu, à leur lecture, être promises à la SPA ; il est un fait qu’elles sont restées chez Kahn, laissées parmi les ensembles non inventoriés, rejetées quoique que finies, et exclues des boîtes disponibles pour les projections. 

Quant à Castelnau, sa longue mission de neuf mois au Levant et en Arabie paraît avoir été une variante. Il photographia pour l’armée et pour Albert Kahn, mais en noir et blanc pour l’un et en couleurs pour l’autre. Les jeux respectifs furent conservés par chacune des parties. Des Autochromes furent doublées, mais pas avec le systématisme qui prévalait jusqu’alors, sans intention vraisemblable de photographier en Autochromes pour la SPA. 

En 1919, Castelnau et Cuville furent employés par Albert Kahn et rejoignirent d’anciens de la Section, Frédéric Gadmer, Camille Sauvageot, Lucien Le Saint ou Georges Thibaud. Ils retournèrent dans les régions dévastées enregistrer les ruines et les efforts de reconstruction. Mais ce fut une autre histoire qui ne concernait plus l’armée. 

Ici, seul le diaporama du mont Athos est proposé au téléchargement.

Ronan Guinée (chargé du fonds Guerre), 2025