3 Femmes sur la plage de Berck dans les années 1920
Jacques Henri Lartigue, novembre. Berck, vent, pluie. Mamie, Bibi, Catherine, 1924 © Donation Jacques-Henri Lartigue, Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion restreinte soumise à autorisation AAJHL

Berck-sur-Mer, une ville écrite par la lumière

Dans le cadre des Photaumnales - du 10 octobre 2026 au 16 mars 2027 au musée d'Opale-Sud

À Berck-sur-Mer, la photographie ne s’est pas simplement contentée d’enregistrer le réel : elle l’a inventé. Station balnéaire, territoire médical, paysage social, scène mondaine, décor populaire, théâtre du vent et du sable, Berck est devenu, dès la fin du 19e siècle, un véritable laboratoire du regard moderne.
Berck-sur-Mer n’est pas un simple motif, elle est aussi un dispositif : un espace où se croisent différents régimes de visibilité, où la photographie participe de la naissance du tourisme, de l’invention des loisirs, de la démocratisation du voyage et même de la médicalisation du corps. Elle est aussi maître d’œuvre de l’essor de la carte postale et de la circulation industrielle des images. Avec la photographie, Berck-sur-Mer est devenu un « territoire-image ». Ainsi la photographie ne vient-elle pas après le paysage : elle le produit. Elle lui donne aussi une grammaire. Elle en fait une scène. Elle l’installe dès la fin du XIXe siècle dans une économie visuelle, un laboratoire du regard.

Au milieu du 19e siècle, Berck, qui vit essentiellement de la pêche, voit l’installation d’hôpitaux qui en font un centre majeur de la médecine climatique. La plage n’est pas encore l’espace de loisirs que nous connaissons actuellement. Elle est d’abord un espace de travail, puis de soin ou d’isolement. Les pêcheurs y halent leurs flobarts, les médecins installent les premiers dispositifs thérapeutiques, les promeneurs qui s’y aventurent alors y découvrent un horizon ouvert sur l’infini. Le littoral est une frontière sensible entre la terre et l’océan, entre le monde habité et le monde sauvage. Le village se transforme vite et devient un lieu de villégiature prisé que le train met à trois heures de Paris.
De nombreux artistes viennent y séjourner : Édouard Manet (été 1873), Eugène Boudin (entre 1870 et 1890). Ludovic-Napoléon Lepic est le premier à s’y installer. Autour de lui se crée informellement l’« École de Berck ». Et, à l’instar des peintres, les photographes vont accompagner la naissance de la ville qui se crée. La photographie, alors nouvel instrument de visibilité, se développe rapidement et introduit aussi une rupture majeure : la reproductibilité. Là où la peinture produit des œuvres uniques, la photographie permet une diffusion massive du paysage berckois.

L’exposition « Berck-sur-Mer – Une ville écrite par la lumière » rassemble les regards de photographes historiques et contemporains qui se sont succédé sur plus de 150 ans.

L’exposition est coproduite avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie avec la participation de Stéphanie Lacombe, Gilles Leimdorfer, L’Obscura Machine ; ainsi que :

À découvrir

Photo en noir et blanc. À marée basse, attelages et femmes, au loin des voiliers.  à Berck en
Madame Huguet, Déchargement des voiliers de pêche à marée basse, 1905 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo
Berck-sur-Mer, une ville écrite par la lumière
Des panneaux des Photaumnales en plein air devant l'église de Gremevilliers
Exposition Xavier Lambours à Gremevilliers dans le cadre des 23 éme Photaumnales. © Gil Lefauconnier
Histoire(s) de photographes